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Il y a deux ans jour pour jour, un général de la caserne
de Rancho Nuevo, proche de San Cristobal, reçoit un coup de téléphone
d'un collègue :
-Général, qu'est-ce qui se passe à San Cristobal?
Il y a beaucoup de gens...
-Je ne sais pas. C'est pas des gens qui réveillonnent?
Deuxième anniversaire de la révolte zapatiste. L'EZLN rend publique une "IV Déclaration de la jungle lacandone", dans laquelle ils appellent à la formation du Front Zapatiste de Libération Nationale (voir article). Selon l'hebdomadaire Proceso, le budget des forces armées mexicaines est en augmentation de plus de 44 % pour 1996. Il s'élèvera à environ 15 milliards de pesos (soit plus de 9.5 milliards de francs). Il y a 175.000 hommes dans l'armée mexicaine (dont environ 60.000 sont actuellement au Chiapas, selon des sources indépendantes).
Lors de la cérémonie du 2ème anniversaire de l'insurrection zapatiste, à Oventic, le commandant David a présenté 500 hommes et femmes qu'il a dit être "des membres de l' Ejército Libertador del Sur " (Armée Libératrice du Sud : ce nom reprend celui de l'armée de Zapata durant la révolution de 1910). Est-ce sérieux, ou est-ce une blague, on n'en sait rien... Pendant les célébrations à Oventic, un avion militaire à rayonnement infrarouge (vision nocturne) a survolé Aguascalientes II quelques instants, contrairement aux engagements gouvernementaux. Pour la fête, les indiens n'ont pas voulu pour danser du rock ou de la salsa amenés par les invités de tout le pays : ils voulaient leur musique, avec de la marimba. Passation du pouvoir dans les mairies du Chiapas. Pour la première fois au Chiapas, il y aura des maires d'opposition (dans 26 municipalités sur 110). La police a repris 6 des 14 mairies occupées par des militants du PRD ou du PAN qui protestaient contre la fraude électorale. Environ 200 personnes ont été arrêtées au cours de ces opérations.
Arturo Núñez Jiménez, numéro deux du ministère de l'Intérieur mexicain, a manifesté son approbation quant à la décision de l'EZLN de devenir une nouvelle force politique. Selon lui, cela va dans le sens de la loi d'amnistie, et correspond à ses objectifs (en particulier transformer l'EZLN en une force civile désarmée). Début, à San Cristobal de las Casas, du premier Forum national indigène, convoqué par l'EZLN. Devraient y participer quelque 300 délégués d'organisations indépendantes, parmi lesquels des représentants de 32 ethnies indiennes du Mexique, et 24 délégués zapatistes. Il devrait même y avoir plusieurs évêques. Le juge chargé du dossier de Javier Elorriaga Berdegué (en prison depuis 11 mois, accusé de faire partie de l'EZLN) a refusé d'accorder à celui-ci un amparo contre son incarcération (L'amparo est la décision, prise par un juge, d'annuler temporairement la décision d'une autorité gouvernementale, afin de protéger un citoyen contre des injustices). L'enquête sur Raul Salinas de Gortari, frère de l'ex-president Salinas et ancien haut- fonctionnaire du gouvernement, a permis de découvrir qu'il était propriétaire de 47 immeubles. Si on ajoute cela au contenu de ses comptes en banque, on obtient un total de 135 millions de dollars... pour l'instant, car les enquêteurs n'ont pas fini de compter. En plus de cet enrichissement plus que douteux, Raul Salinas est accusé d'avoir commandité l'assassinat du secrétaire général du PRI Francisco Ruiz Massieu, en Septembre 94.
Publication d'un communiqué de l'EZLN adressé aux participants au Forum national indigène. En voici quelques extraits : "Une nouvelle parole marche en nous tous qui sommes réunis ici. Nous, les zapatistes, n'avons rien inventé. Nous n'avons pas inventé la parole, nous n'avons pas inventé la lutte, nous n'avons pas inventé la dignité indienne. Vous avez toujours porté la parole, vous avez toujours lutté, vous avez toujours étés dignes. Nous les zapatistes, avons seulement rappelé au Mexique et au monde que nous, les indiens, existons, et que nous ne voulons pas mourir. Notre parole a été nouvelle pour ceux qui ont perdu la mémoire, mais pour vous notre parole n'est pas nouvelle parce que déjà nos aïeuls les plus anciens la disaient (...) Le monde que nous essayons de construire est un monde où tous auraient leur place, sans avoir besoin de dominer autrui (...) Ce Forum national indigène peut être un exemple de ce que nous n'avons pas à demander la permission pour nous penser comme des être libres, justes et démocratiques". La police a chassé des paysans qui occupaient depuis la veille le rancho La Gloria, dans la municipalité de Tonala, arrêtant 25 personnes, pour la plupart des militants du PRD. C'est la deuxième fois que ces paysans occupent ce terrain, qui leur a été attribué par arrêté présidentiel il y a 10 ans, mais que les autorités ne leur ont toujours pas donné.
D'après les premières discussions au Forum national indigène, il apparaît que les conclusions des diverses réunions préparatoires ont convergé vers la demande d'autonomie communautaire, municipale et régionale pour les peuples indiens, et vers la demande d'une réforme de l'article 27 de la Constitution pour lui rendre son esprit d'origine et protéger les territoires indiens (cet article, qui consacrait la propriété collective de la terre, a été modifié par le président Salinas pour permettre la signature de l'ALENA). Dans une interview à La Jornada, Javier Elorriaga Berdegué déclare que entre le 1er novembre 94 et l'offensive militaire de février 95, il a servi de lien pour faire parvenir 5 lettres du président Zedillo à l'EZLN, et qu'il en a aussi ramené les réponses. Elorriaga dit qu'il pense que Zedillo savait qu'il était le messager. Il a été arrêté dans les jours qui ont suivi l'offensive, et est en prison depuis. Gildardo Dorantes Muñoz, l'un des militants les plus actifs de l'OCSS (Organisation paysanne indépendante) et du PRD à Mexcaltepec (Guerrero), a été assassiné par un fonctionnaire municipal issu du PRI. Selon des sources proches du PRD, ce fonctionnaire aurait dressé une liste noire de 7 militants du PRD, qu'il a menacés de mort.
Faisant le compte-rendu du Forum, le commandant Tacho annonce que le concept d'autonomie des peuples indiens comme "axe" d'un changement décisif de la relation entre ceux-ci et l'Etat mexicain s'esquisse comme l'une des demandes les plus importantes qui sortiront du Forum national indigène. Ce jour, il y a eu 318 représentants indiens aux discussions. Dans les débats sur la participation politique des indiens, les intervenants ont parlé de la nécessité d'intégrer le Front Zapatiste de Libération Nationale (voir article) ; des délégués indiens de plusieurs ethnies du pays ont souligné que ceci était très important, parce que cela leur permettrait de mieux résister au pouvoir. Les participants ont aussi fait remarquer que dans l'invitation à former le FZLN, il y a des points qui ne sont pas clairs, comme par exemple celui de savoir si les personnes qui ont été élues à un poste quelconque devront renoncer à leur mandat pour intégrer le Front. Dans la discussion sur les femmes, on a parlé de la nécessité de "changer les coutumes qui nuisent aux femmes", comme par exemple, "le fait que la femme doit se laisser battre par l'homme". Première manifestation de l'année à Mexico. 20 000 personnes ont défilé à l'appel du MPI (Mouvement Prolétaire Indépendant, mouvement réellement indépendant et radical, proche de mouvements tels que celui de Ruta 100) pour exiger la fin de la politique de privatisations, le respect des syndicats et des conventions collectives, de meilleurs salaires, une solution aux problèmes de Ruta 100 et de El Barzon, ainsi que la démission du maire de Mexico.
La mairie de San Andrés Larráinzar, siège du dialogue qui doit reprendre le 10 janvier, est toujours occupée par des indiens. Le gouvernement essaie de dialoguer avec eux pour qu'ils s'en aillent. Les indiens demandent qu'un maire, qu'ils ont élu selon leurs coutumes (c'est à dire lors d'une assemblée) soit reconnu, en lieu et place de celui qui a officiellement remporté les élections.
Une nouvelle force politique est née : le Front Zapatiste de Libération Nationale.
C'est lors de la fête du deuxième anniversaire, à Oventic, la commandante Ana Maria a lu la IV Déclaration de la jungle lacandone, document peut-être capital dans l'évolution de la lutte chiapanèque : comme elle l'avait annoncé après la Consultation (par le biais de laquelle les gens avaient demandé aux zapatistes de devenir une "force politique nouvelle"), l'EZLN vient de lancer le Front Zapatiste de Libération Nationale (FZLN), mouvement civil qui prendra pour base l'EZLN. De quoi s'agit-il ? Les zapatistes appellent "tous les hommes et femmes honnêtes à participer à une nouvelle force politique qui naît aujourd'hui (...) organisation civile et pacifique, indépendante et démocratique, mexicaine et nationale, qui lutte pour la démocratie, la liberté et la justice au Mexique". Ils demandent aux personnes et organisations qui voudraient en faire partie, de "participer aux discussions pour (en) définir la structure organique, le plan d'action et la déclaration de principes". L'EZLN quant à elle ne disparaîtra pas, mais "son effort le plus important ira à la lutte politique", et elle "participera directement à la formation" du Front. Celui-ci devrait être "une force politique qui ne cherchera pas la prise du pouvoir. Une force qui ne soit pas un parti politique".
Cela a provoqué peut-être la satisfaction dans les milieux proches du gouvernement, et le scepticisme chez certains dinosaures de la gauche mexicaine. Les premiers rêvent, bien sûr, d'un mouvement zapatiste complètement civil (sans armes), tandis que les autres ne conçoivent pas une force politique qui ne se fixe pas pour tâche d'arriver au pouvoir.
Mais beaucoup de questions restent ouvertes, et si la situation parait intéressante, elle est aussi pour le moins incertaine. Du côté zapatiste : comment vont-ils faire pour ne pas tomber dans le classique jeu "démocratique" du système? Comment vont-ils maintenir l'équilibre entre leur force armée et leur participation à la vie politique du pays? Et, encore plus délicat : est-ce que la société civile mexicaine est prêtre à s'engager autant qu'on pu le faire les indiens du Chiapas? Ce sont là des défis colossaux pour les zapatistes, pour leurs sympathisants et pour le tout jeune FZLN.
Il y a cependant quelques éléments qui permettent de conserver un espoir vivant et raisonnable. Par exemple l'existence de toutes ces organisations et de tous ces mouvements sociaux qui n'auraient besoin que d'un coup de pouce pour unifier et renforcer leurs revendications. Les zapatistes leur rendent hommage dans la IV Déclaration : autres indiens du pays, travailleurs de Ruta 100, militants de El Barzon, étudiants en lutte, habitants de Tepoztlan... Il y a aussi ces délégués des différents peuples indiens du Mexique qui, conseillers de l'EZLN au dialogue ou participants au Forum national indigène, vont répandre comme des fourmis les idées et l'exemple zapatiste dans tout le pays. Il y a encore la figure de Cuauhtémoc Cardenas (le principal dirigeant du PRD), le seul parmi les politiques à pouvoir entraîner derrière lui d'importantes fractions de la population mexicaine. A son égard, les zapatistes se sont maintenus à la fois assez proches et assez distants. Proches parce que leur conception de la lutte est unitaire, mais distants, pour que le tempérament plutôt paisible et institutionnel du fils du général Cardenas ne freine pas les initiatives rebelles. Les zapatistes n'ont cessé de le pousser à radicaliser ses positions et à apporter un soutien plus net aux luttes populaires mexicaines, zapatiste incluse. Aujourd'hui, ils annoncent que le FZLN fera partie du Mouvement de Libération Nationale (MLN), "ample mouvement d'opposition, (...) lieu d'action politique citoyenne où convergent d'autres forces politiques d'opposition, espace de rencontre des volontés et coordinateur d'actions unitaires". Or, dans le MLN (créé, au fait, en janvier 95 à l'appel de... l'EZLN) Cardenas devrait jouer un rôle important. La force politique demandée par les participants à la Consultation zapatiste est formellement née. Maintenant tout reste à faire.
Francisca (et Anasthasia).
L'assemblée plénière du Forum national indigène a adopté des motions sur l'autonomie indienne et sur la nécessité de revenir sur la réforme de l'article 27 de la constitution, afin de garantir le droit à la terre et à un territoire pour les peuples indiens, et le caractère inaliénable, non- hypothèquable et définitif de la propriété collective de la terre (ejidos). Il y a eu 490 participants au Forum national indigène, dont 236 indiens et 56 des étrangers. Parmi les indiens, 24 ethnies indiennes étaient représentées ; il y avait aussi des indiens zapotecos et mixtecos qui travaillent comme journaliers aux Etats-Unis. 178 organisations nationales et 19 internationales étaient représentées dans les discussions. Le sous-commandant Marcos a participé au Forum national indigène. Pour cela, il a laissé ses armes à La Realidad (distant de 200 km de San Cristobal de las Casas), et a ensuite été conduit au Forum par un convoi de la Conai, de la Cocopa et de la Croix-rouge. Dans un discours il a remercié ces organisations pour les efforts qu'elles ont fait pour que ce forum ait lieu, et a remercié aussi ses "compagnons chefs" du CCRI-CG de l'EZLN de lui avoir permis d'assister à cette manifestation, et il a aussi remercié les indiens qui sont venus de tout le Mexique et de l'étranger.
L'assemblée plénière du forum national indigène a approuvé un plan d'action en 7 points : 1) déclarer la continuation du forum sous la forme de discutions et d'actions à un niveau communal, régional, national et international ; 2) promouvoir des alliances entre les peuples indiens du Mexique et les autres groupes sociaux du pays pour travailler à une transition vers la démocratie ; 3) former un réseau de solidarité et de soutien au forum ; 4) Faire connaître aussi bien à l'intérieur du forum qu'à l'extérieur, les diverses expériences d'autonomie des communautés indiennes ; 5) agir contre la militarisation dans le pays et la répression des indiens ; 6) participer à une commission spéciale intégrant la Cocopa, la Conai et l'EZLN, qui agirait pour la libération des 6 000 indiens qui sont actuellement en prison dans le pays [quel que soit le motif] ; et 7) discuter dans toutes les communautés indiennes de la question d'intégrer ou non le Front Zapatiste de Libération National (cf. Ya Basta! No. 42). Une autre décision prise au du Forum national indigène, est de réaliser un congrès national des peuples indiens, dans lequel ils réfléchiraient sur les modalités de leur participation et leur représentation politiques. Dans la discussion sur la situation des femmes, il y a eu des moments de tension entre les participantes. Samedi, une trentaine d' indiennes ont quitté le débat pour discuter entre elles, disant que les métisses monopolisaient la parole. Dans le document de conclusion des discussions, on peut lire : "[nous] les femmes indiennes [avons] demandé un espace pour discuter seules parce que c'est une réalité que notre niveau et vision culturels sont différents de ceux des non-indiens. Pour beaucoup de participantes, c'est la première fois que leur parole est écoutée, parce que ce forum est historique, nous sommes conscientes que nos soeurs de culture différente ne sont pas coupables, mais c'est le système [social] dominant qui nous a mis en désavantage ". Parmi les points adoptés, on peut lire : "...que les décisions des femmes au sein de la famille soient respectées, qu'il y ait liberté et respect entre hommes et femmes, que les travaux de la maison soient partagés pour que la femme puisse aussi avoir des responsabilités en dehors." Des représentants d'organisations indiennes et d'enseignants de Oaxaca (un état du sud-ouest mexicain à forte proportion indienne) dénoncent la présence de groupes paramilitaires financés par le PRI dans 80 municipalités indiennes de l'état. Ces groupes s'en prennent aux indiens, et plus spécialement à ceux qui (en novembre dernier lorsqu'il y avait des élections locales dans le Oaxaca), ont élu leurs autorités de façon indépendante et sans tenir compte des partis. Toujours selon eux, la militarisation de la région vise à intimider les communautés indiennes qui ont manifesté leur soutien aux revendications de l'EZLN, et en particulier à celle de l'autonomie des peuples indiens.
Marcos est intervenu lors de la clôture du Forum national indigène. Il a remercié les conseillers des zapatistes au dialogue, et dénoncé le fait que certains d'entre eux soient en prison "accusés d'appartenir à une organisation avec laquelle le gouvernement est en train de dialoguer, sous la protection d'une loi d'amnistie. En les gardant prisonniers, le gouvernement viole la loi qui l'oblige à discuter plutôt que combattre". (Début octobre 95 les zapatistes ont nommé conseillers tous les prisonnier(e)s accusé(e)s d'appartenir à l'EZLN). Dans une conférence de presse à San Cristobal, le sous-commandant Marcos a longuement parlé de l'appel de l'EZLN à constituer le Front Zapatiste de Libération Nationale (FZLN). Il a déclaré que c'était "une initiative de paix (...) quelque chose en faveur de la démocratie dans les associations des villes et des campagnes, [quelque chose] où les gens peuvent s'organiser pour résoudre leurs problèmes, parce qu'il est bien connu que ce n'est pas le gouvernement qui va les résoudre." Il a ajouté que la proposition zapatiste était issue d'une analyse de la situation du pays, de celle du dialogue avec le gouvernement et des rapports de l'EZLN avec la société civile et les membres des partis politiques. "Ce qui s'est passé, c'est que plusieurs personnes et organisations se sont donnés le rôle de porte-parole de l'EZLN, et que ce nom a été utilisé pour d'autres intérêts. Les compañeros n'y sont plus disposés, et on est arrivé à la conclusion qu'une nouvelle structure, civile et pacifique, doit être créée, en accord avec la loi du dialogue (loi d'amnistie N.d.T), pour que la parole des zapatistes soit dite par les zapatistes eux-mêmes." Une deuxième raison est que "nous ne constatons pas de volonté de la part du gouvernement de trouver une solution pacifique au conflit. Nous pensons que, comme pour les Aguascalientes, il est possible de construire un processus de paix, même si le gouvernement ne veut pas (...) [Le FZLN] est une initiative de paix, pour qu'une organisation armée et clandestine comme l'EZLN, puisse se lier en termes civils et pacifiques avec le mouvement civil, et que la paix puisse être construite, comme l'ont été les Aguascalientes." A propos du fait que le FZLN ne vise pas à lutter pour le pouvoir, Marcos observe : "On nous critique durement à cause de cela, mais nous ne savons pas pourquoi ; on nous dit qu'il n'est pas possible de lutter pour la démocratie si on ne se propose pas de prendre le pouvoir (...). Ce que nous voulons, c'est organiser la société pour résoudre les problèmes que ne résout pas le gouvernement, et nous ne parlons pas uniquement des problèmes indiens, mais de ceux de tout le pays". Pour finir, il a annoncé que la réunion intercontinentale contre le néolibéralisme (à laquelle l'EZLN a appelé depuis septembre) aura lieu "à Pâques dans la forêt lacandone, si les tanks et les agents de migration qui sont en train de poursuivre les étrangers ne l'empêchent pas". Il a défini le néolibéralisme comme "une guerre mondiale contre l'humanité" dont les effets "sont en train de produire des réactions comme la récente grève générale en France, réactions qui bientôt se répéteront en Italie, en Allemagne, en Espagne et dans d'autres pays d'Europe, d'Afrique et d'Amérique. C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui sont intéressés à discuter de ce sujet". Reprise du dialogue EZLN-gouvernement. Le Banco de México (la banque officielle) a annoncé que l'inflation en 1995 a été de 51.97 %.
Avant de rentrer à La Realidad, Marcos a annoncé que, pour amorcer la création du FZLN, l'EZLN prendra contact avec des représentants de la "société politique" du pays, comme des gens du PRD et du PT (parti lié au gouvernement, le seul, après le PRI, le PAN et le PRD, à avoir des députés à l'assemblée nationale), et même certaines personnes venues de "secteurs du PRI", mais seulement "des gens de gauche".
Selon un membre de la Cocopa, les positions des délégations gouvernementales et zapatistes au dialogue se rencontrent sur quelques points, mais elles s'opposent sur la question de l'autonomie indienne et celle de la réforme de l'article 27 de la constitution. Selon Jaime Martínez Veloz, député du PRI et porte-parole de la Cocopa, une centaine de députés priistes auraient proposé une rencontre avec le dirigeant zapatiste pour discuter sur la question du dialogue national, de la réforme de l'Etat et sur le processus de pacification au Chiapas. Toujours selon lui, Marcos aurait accepté, et devrait les rencontrer en février. Selon une analyse de la Commission économique pour l'Amérique Latine et le Caraïbe, 20 % des enfants mexicains en age d'aller à l'école travaillent.
Dans une lettre au ministère de l'Intérieur, la Conpaz (Coordination des ONGs pour la Paix, indépendante) lui demande de clarifier sa politique migratoire, parce qu'"on observe un harcèlement systématique [des étrangers]" au Chiapas. Ils dénoncent les interrogatoires policiers que les autorités de migration font subir aux étrangers qui veulent rester dans les municipalités d'Ocosingo, Altamirano et Las Margaritas (la zone du conflit).
La police de Mexico a chassé le CLETA (Centre Libre d'Expérimentation Théâtrale et Artistique, groupe culturel indépendant) des espaces qu'ils occupaient depuis plusieurs années, dans un lieu très populaire de la ville de Mexico, la "forêt de Chapultepec" (c'est un parc), et dans lesquels ils présentaient depuis plusieurs années des spectacles artistico-politiques. Ils avaient annoncé pour le jour même l'inauguration d'un "Aguascalientes" ... Aujourd'hui prend fin la permission accordée à Eduardo Robledo Rincón en tant que gouverneur du Chiapas. Il avait remporté frauduleusement les élections en 1994, mais avait été obligé de quitter son poste à cause de la mobilisation de la société civile contre lui (cf. Ya Basta ! n 2, 14 février 95). La rumeur dit qu'il demandera une autre permission et sera nommé ambassadeur en Argentine. Ya Basta! No. 44. Semaine du 15 au 21 janvier 1996.
Eduardo Robledo, gouverneur du Chiapas en permission, a demandé le renouvellement de sa permission pour onze autres mois. Son remplaçant, Julio César Ruiz Ferro reste à son poste. (Cf. Ya Basta ! n 43, 14 janvier 96) Selon plusieurs témoignages d'habitants de la zone, les quelques 300 soldats qui sont arrivés ces dernières semaines dans la sierra baja de Oaxaca (état du sud mexicain) sous le prétexte officiel de lutter contre le traffic de drogue, cherchent en fait des "hommes armés qui portent de bottes, un uniforme vert, et se couvrent le visage de foulards rouges ou de passe-montagnes". Cette région, habitée par des indiens zapotecos et chinantecos, est officieusement signalée comme étant le berceau et le lieu d'entrainement d'un groupe armé qui aurait des objectifs similaires à ceux de l'EZLN. Les soldats parcourent le territoire de l'Union Indigène Zapoteca-Chinanteca Emiliano Zapata (Uizachi- EZ), organisation paysanne indépendante née en mai 1994 à l'initiative d'une vingtaine de communautés de la zone pour défendre leurs terres et leurs ressources naturelles. Dans une interview à La Jornada, Jorge Madrazo Cuéllar, président de la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH, commission officielle) reconnaît que les guardias blancas ("gardes blanches", milices privées à la solde des grands propriétaires terriens) sont actives dans les états de Chiapas, Oaxaca, Veracruz, Guerrero, Hidalgo, Michoacán et México. Selon lui, les autorités de ces régions, dans lesquelles sont commis de nombreux assassinats politiques, tolèrent ces groupes. La branche petrochimie de PEMEX (l'entreprise publique chargée de l'exploitation, transformation et vente du pétrole) a fait 2 577 millions de pesos de bénéfices (plus de 2 milliards de francs) en 1995. Dans la même période, les subventions de l'Etat ont été de 1 736 millions de pesos rien que pour cette branche. PEMEX-petrochimie sera privatisée prochainement. Porifirio Munoz Ledo, leader du PRD (et ancien président du PRI), principal partisan dans le PRD de la négociation "au sommet" avec le gouvernement, annonce qu'il prendra sa retraite politique en juillet prochain. Dans les rangs de la gauche mexicaine, on ne devrait pas trop le regretter...
Selon la commission de presse formée par des membres de la Conai et de la Cocopa, le dialogue entre le gouvernement et les zapatistes arriverait à un "point crucial" et des accords pourraient survenir très prochainement. La délégation zapatiste au dialogue a denoncé le fait qu'un helicoptère de l'armée a survolé à très basse altitude le village de Oventic (siège d'un nouveau Aguascalientes), et que le gouvernement n'a toujours pas levé les deux nouveaux campements militaires instalés près de San Andrés Larrainzar (siège du dialogue) ni celui près d'Ocosingo. Les délégues rebelles disent que tout cela pourrait pousser les communautés zapatistes à refuser les accords qu'ils leur soumettront. Arrestation à Monterrey, dans le nord du pays, de Juan García Abrego, l'un des plus puissants trafficants de drogue de l'Amérique Latine. Il a été immédiatement extradé aux Etats-Unis, ce qui est illégal, les délais et procédures légaux n'ayant pas été respectés. Avec la complicité et la protection des autorités mexicaines (il versait 130 000 dollards par mois à la police et avait l'habitude de rencontrer de hauts fonctionnaires, dont certains proches de l'ancien président Salinas), García Abrego contrôlait 30 % du traffic de cocaïne vers les Etats Unis ; sa fortune est estimée à 10 ou15 milliards de dollars.
Dans une discussion avec la presse et des représentants de la société civile (chaque soir après les discussions du dialogue, les délégués reçoivent des visiteurs), la délégation zapatiste a exprimé sa reconnaissance envers toutes les femmes qui participent à la lutte, et qui, selon le commandant David, "sont en train de construire une nouvelle histoire" au Mexique. Selon La Jornada, des agents des services de renseignements des Etats Unis, de l'Espagne et de la France sont présents à San Andrés Larrainzar. On n'en sait pas plus... On annonce que les 27 et 28 janvier prochains, des militants de partis d'opposition et d'organisations de gauche (dont l'EZLN), et probablement même quelques membres du PRI et d'autres partis liés au gouvernement, devraient se réunir à Acapulco pour discuter du mouvement national d'opposition (celui que les zapatistes appellent le Mouvement de Libération National, mais qui pourrait bien changer de nom), espace de "rencontre" auquel participerait le Front Zapatiste de Libération Nationale (cf Ya Basta! No. 42). Selon des sources non précisées mais qui feraient partie de ce mouvement, les objectifs de ce mouvement seront la lutte contre le système de parti d'Etat, la fin du néolibéralisme et une transition vers la démocratie au Mexique.
Selon l'Institut National de Statistique, Geographie et Informatique (INEGI, officiel), le chômage au Mexique toucherait 5.2 % de la population active, soit 1 846 000 personnes. (Ce chiffre n'est pas crédible.) Des militaires américains ont commencé à se disposer sur quelques postes frontaliers en Californie et dans l'Arizona, pour renforcer la lutte contre l'imigration clandestine. Cette militarisation de la frontière commence à provoquer des réactions de protestation du côté mexicain.
Les délégations gouvernementale et zapatiste au dialogue sont arrivées à des accords importants sur le premier sujet du dialogue (droits et cultures indiens). Ces accords prévoient la modification des lois mexicaines et de la Constitution, afin d'établir un nouveau pacte social et une nouvelle relation entre l'Etat, la société et les indiens, basés sur "les principes de respect de la différence, la reconnaissance des identités indiennes comme composantes intrinsèques de notre nationalité et l'acceptation de leurs particularités comme élements de notre ordre juridique". Par rapport à l'autonomie indienne, les deux parties se sont mises d'accord pour "promouvoir sa reconnaissance" dans la constitution mexicaine et dans les lois des états. Egalement, les accords stipulent la reconnaissance dans la constitution des droits politiques des indiens pour "fortifier leur représentation politique et [leur] participation au pouvoir législatif et au gouvernement, tout en respectant leurs traditions". Les accords prévoient aussi le respect des droits sociaux, culturels et économiques des peuples indiens, ce qui veut dire accepter leurs formes d'organisation, la diversité culturelle et le développement leurs formes de production. Spécifiquement pour le Chiapas, les accords prévoient : la création d'une loi de justice et développement agraire qui ne permet pas les latifundios (très grandes propriétés) ; un redécoupage municipal, pour reconnaître les droits des peuples indiens (il s'agit vraisemblablement de créer des municipalités indiennes là où c'est possible) ; la possibilité de ne pas passer par des partis politiques pour les élections ; l'accès collectif aux ressources naturelles, sauf à celles qui appartiennent à la nation. Les deux délégations vont consulter les parties qu'elles représentent, et, le cas échéant, les accords seraient formalisés lors d'une réunion pléniaire, le 13 février prochain à San Andrés Larrainzar. D'ici le mois de mars, le Mexique augmentera sa production petrolière de 7.4 %, pour atteindre 2 millions 864 000 barrils par jour.
Publication d’un communiqué du CCRI-CG de l’EZLN, dans lequel ils annoncent que les accords qu’ils viennent de signer seront soumis à consultation dans leurs communautés. Le communiqué dit : «Il a fallu le soulèvement d’une armée d’indiens ; il a fallu la guerre, la mort, la souffrance de nos compagnons, pour que le gouvernement fédéral prenne le l’engagement, dans des documents, de promouvoir la reconnaissance de notre existence et de nos droits (...) Nous allons maintenant, par la consultation, écouter la parole de nos peuples sur ces engagements mutuels et propositions, mais nous le disons clairement : les paroles et les engagements, prétendument sérieux et solides, ne serviront à rien, si le harcèlement de nos peuples et d’autres peuples dans d’autres états se poursuit, si dans tout le Chiapas on continue de nier la volonté des peuples, si, contre la raison et la justice, les conflits post-électoraux continuent, si on continue d’employer la force publique pour expulser nos frères indiens qui (...) cherchent le respect de la volonté de la majorité [en faisant des occupations de mairies, de terres...]». Pour avoir une idée du niveau de vie de beaucoup de mexicains, on peut calculer les besoins d’une famille moyenne (5 personnes). Cette famille dépense, rien que pour du lait, des oeufs, de la viande de qualité moyenne, des légumes et du pain, 60,10 pesos par jour. Le salaire minimum est de 20 pesos par jour. Les loyers les moins chers tournent autour de 300 pesos par mois...
En 1995, la délinquance à Mexico a augmenté de 35 % par rapport a l’année précédente (chiffres officiels). La cause en est la paupérisation, depuis la crise. Le procureur de justice de la ville a déclaré que son objectif pour cette année était de la faire baisser à tout prix. D’autre part, la pollution a obligé les autorités de la capitale à appliquer deux jours de suite la phase 1 du plan d’urgence contre la pollution, pour essayer de la faire diminuer.
Lors d'un rassemblement de plus de 40 000 militants du PRD de Tabasco (état voisin du Chiapas) ont décidé d'occuper des puits de pétrole que PEMEX (l'entreprise publique d'exploitation du pétrole) est en train de mettre en exploitation dans cet état. Le Tabasco est l'un des États du Mexique où l'on produit le plus de pétrole. Les manifestants protestent contre la pollution qui résulte de l'exploitation du pétrole. Parallèlement, les militants du PRD de Tabasco poursuivent leur mobilisation contre la fraude électorale de 1994 (dans ce cadre ils avaient déjà organisé un "exode pour la démocratie", cf. Quetzalcoatl, supplément du Ya Basta! n 15). Ils ont déclaré Tabasco "territoire de résistance" contre la politique impopulaire et antisociale du président Zedillo.
Selon Carlos del Río, coordinateur du Conseil National pour la prévention et le contrôle du Sida (organisme officiel), au Mexique il y aurait 140 000 personnes touchées par la maladie, et on attendrait 3 500 morts pour 1996. Toujours selon lui, un tiers des personnes atteintes ne recevraient pas de traitement adéquat, et le service médical des institutions publiques et privées présenterait des graves déficiences. Del Río a jugée "inquiétante" l'augmentation de la discrimination à l'encontre des personnes séropositives ou malades par les entreprises, écoles et autres institutions, qui pratiquent des "tests de dépistage par la salive"
Début de la V ème rencontre européenne des collectifs de solidarité avec la lutte zapatiste.
V ème rencontre Européenne de la Solidarité avec la rébellion zapatiste.
La cinquième rencontre européenne de solidarité avec la rébellion zapatiste s'est tenue à Paris les 26, 27 et 28 janvier. Elle a réuni 43 collectifs et groupes venus de toute l'Europe : Espagne, Italie, Grèce, Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Suède, Angleterre et France. Le premier jour a été consacré à une rencontre entre les groupes ou individus francophones. Le but était d'échanger nos expériences relatives à l'organisation de la solidarité, d'améliorer la communication et l'échange d'informations en français entre les groupes, et, le cas échéant, de nous coordonner pour travailler ensemble.
Il en ressort qu'il existe des personnes, organisées ou non en comités, qui font un travail de solidarité, dans les villes suivantes :
Toulouse : Collectif de Solidarité Chiapas-Mexique. C/O Canal Sud, 40 rue Alfred Duméril, 31400 Toulouse cedex. Marseille : Comité Chiapas, 12 av. Jean Jaurès, 13700 Marignane. Strasbourg (Contact) : Café associatif 14 rue de la Schwanau 67100 Strasbourg. Région de Grenoble (contact) : Ferme la Batailleuse, 25370 Rochejean. Le Havre (Il s'agit dune association qui travaille entre autres, sur la question du Chiapas) : Terres à terres, 147 rue de d'Etretat, 76000 Le Havre. Liège : Collectif Chiapas 23, rue Pierreuse, 4000 Liège, Belgique Genève : Comité Viva Zapata, Case postale 1135, 1211 Genève, Suisse. Nantes (Comité en formation) : Comité Chiapas C/O le Local, 16 rue Salencque, 44000 Nantes Lyon : Comité de Solidarité avec le peuple chiapanèque, C/o CLO, 39 rue de Comireline, 64100 Villeurbane. Collectif Chiapas C/o Librairie la griffe, 5 rue Sébastien Gryphe. 69007 Lyon (on ne sait pas si il fonctionne toujours). Lille : Comité lillois de soutien au Chiapas C/o CCL, 1-2 rue de Denis du Péage, 59800 Lille-Fives. Montpellier : Comité Solidarité-Chiapas, B.P. 11, 34830 Clapiers. Paris : NOUS !!! (vous vous en doutez). Mais aussi : Groupe de Recherche sur l'Actualité au Mexique, C/o Syllepse, 42 rue d'Avron, 75020 Paris.
P.S. : si cette liste contient des erreurs ou des oublis, manifestez-vous, on rectifiera...
Les deux jours suivants ont étés consacrés à la rencontre européenne proprement dite. Les discussions se sont déroulées en parallèle sur quatre thèmes :
Thème I : organisation de la solidarité en Europe. On y a discuté de la mobilisation pour la libération des prisonniers présumés zapatistes, d'une campagne autour des nouveaux Aguascalientes, de la coordination de la riposte à une éventuelle nouvelle offensive de l'Armée fédérale, et de la mise en place d'un réseau interne de travail sur la question spécifique des femmes.
Thème II : la rencontre "intergalactique" appelée par les zapatistes contre le néolibéralisme. Les personnes participant à cette discussion ont décidé de travailler à l'organisation de cette rencontre, qui devrait se tenir cet été au Chiapas, si c'est possible, et à laquelle sont invités "tous ceux qui luttent pour les valeurs humaines de démocratie, liberté et justice (...), tous ceux qui s'efforcent de résister au crime mondial nommé "néolibéralisme"(...), tous ceux qui, par delà couleurs, races et frontières, font de l'espoir leur arme et leur emblème". Une rencontre préparatoire devrait se tenir à Berlin début avril. On en reparlera...
Thème III : les droits de la personne au Chiapas et au Mexique. Les discussions ont tourné autour de trois questions principales : les problèmes de santé, la pénurie alimentaire, et les violations des droits humains.
Thème IV : Dialogue avec les zapatistes (et entre nous). A cette table on a rappelé l'importance du dialogue dans la conception zapatiste de la lutte, et on a pensé qu'il était nécessaire que les zapatistes puissent avoir connaissance des différentes luttes sociales dans nos pays respectifs, ainsi que des doutes, incompréhensions ou réflexions que peuvent soulever en Europe le discours et la pratique zapatiste. A cette fin il a été proposé la création d'un petit bulletin qui pourrait circuler entre les groupes, et entre les groupes et le mouvement zapatiste. PREMIERE DÉCLARATION DE LA REALIDAD CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME ET POUR L'HUMANITÉ.
"Me voici, Je suis ici enfin présent moi le chanteur.
Réjouissez-vous, qu'approchent , que se présentent ceux qui
ont souffrance au coeur.
Moi, j'élève mon chant."
Poème nahuatl
AUX PEUPLES DU MONDE: FRERES : Ces dernières années, le pouvoir de l'argent a présenté sous un nouveau masque son visage criminel. Par-delà les frontières, quelles que soient races et couleurs, le Pouvoir de l'argent humilie les dignités, insulte les honnêtetés, et assassine les espoirs. Bien connu sous le nom de "Néolibéralisme", le crime historique de la concentration des privilèges, des richesses et des impunités démocratise la misère et le désespoir. Une nouvelle guerre mondiale se livre, mais à présent contre l'humanité entière. Comme dans toutes les guerres mondiales, ce qui est recherché, c'est une nouvelle répartition du monde. Cette guerre moderne qui assassine et oublie, ils l'appellent "mondialisation". La nouvelle répartition du monde consiste à concentrer le pouvoir dans le Pouvoir et la misère dans la misère. La nouvelle répartition du monde exclut les "minorités". Indiens, jeunes, femmes, homosexuels, lesbiennes, gens de couleur, immigrés, ouvriers, paysans, les majorités qui forment les sous-sols du mondes se présentent, pour le pouvoir, comme des minorités dont il n'a pas besoin. La nouvelle répartition du monde exclut les majorités. L'armée moderne du capital financier et des gouvernements corrompus avance et conquiert de la seule manière dont elle est capable : la destruction. La nouvelle répartition du monde détruit l'humanité. La nouvelle répartition du monde n'a lieu que pour l'argent et ses serviteurs. Hommes, femmes et machines se confondent, également asservis, aussi peu indispensables. Le mensonge gouverne et se multiplie en moyens et manières. Un nouveau mensonge nous est offert en guise d'histoire. Le mensonge de la défaite de l'espoir, le mensonge de la défaite de la dignité, le mensonge de la défaite de l'humanité. Le miroir du pouvoir nous offre en contrepoids sur la balance : le mensonge de la victoire du cynisme, le mensonge de la victoire de la servilité, le mensonge de la victoire du néolibéralisme. Au lieu d'humanité, ils nous offrent des indices boursiers, au lieu de dignité, ils nous offrent la mondialisation de la misère, au lieu d'espoir ils nous offrent le vide, au lieu de vie, ils nous offrent l'internationale de la terreur. Contre l'internationale de la terreur que représente le néolibéralisme, nous devons élever l'internationale de l'espoir. L'unité, par-delà les frontières, les langues, les couleurs, les cultures, les sexes, les stratégies et les pensées, de tous ceux qui préfèrent l'humanité vivante. L'internationale de l'espoir. Pas la bureaucratie de l'espoir, pas l'image inversée et, par là même, semblable à celle qui nous anéantit. Pas le Pouvoir sous un signe ou un habillage nouveau. Mais un souffle, le souffle de la dignité. Mais une fleur, la fleur de l'espoir. Mais un chant, le chant de la vie. La dignité est cette Patrie sans nationalité, cet arc-en-ciel qui est aussi un pont, ce murmure du coeur quel que soit le sang qui le vit, cette irrévérence rebelle qui se moque des frontières, des douanes et des guerres. L'espoir est cette rébellion qui rejette le conformisme et la défaite. La vie, voilà ce qu'ils nous doivent : le droit de gouverner et de nous gouverner, de penser et d'agir avec une liberté qui ne s'exerce pas sur l'esclavage des autres, le droit de donner et de recevoir ce qui est juste. Pour tout cela, aux côtés de tous ceux qui, par-delà frontières, races et couleurs, partagent le chant de la vie, la lutte contre la mort, la fleur de l'espoir et le souffle de la dignité... L'ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE PARLE....
A tous ceux qui luttent pour les valeurs humaines de démocratie, liberté et justice. A tous ceux qui s'efforcent de résister au crime mondial nommé "Néolibéralisme" et aspirent à ce que l'humanité et l'espoir d'être meilleurs soient synonymes d'avenir. A tous les individus, groupes, collectifs, mouvements, organisations sociales, citoyennes et politiques, aux syndicats, aux associations de quartiers, aux coopératives, à toutes les gauches possibles et imaginables, ONGs, Groupes de Solidarité avec les luttes des peuples du monde, bandes, tribus, intellectuels, indiens, étudiants, musiciens, ouvriers, artistes, professeurs, paysans, groupes culturels, mouvements de jeunes, moyens de communication alternatifs, écologistes, lesbiennes, homosexuels, féministes, pacifistes. A tous les êtres humains sans logis, sans terre, sans travail, sans nourriture, sans soins, sans éducation, sans liberté, sans justice, sans indépendance, sans démocratie, sans paix, sans patrie, sans lendemain. A tous ceux qui, par-delà couleurs, races et frontières font de l'espoir leur arme et leur emblème.
ET LES CONVOQUE A LA PREMIERE RENCONTRE INTERCONTINENTALE POUR L'HUMANITÉ ET CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME,A RÉALISER ENTRE AVRIL ET AOUT 1996 SUR LES CINQ CONTINENTS, SELON LE PROGRAMME D'ACTIVITÉS SUIVANT :
Premièrement :
ASSEMBLÉES PRÉPARATOIRES CONTINENTALES AU MOIS D'AVRIL
1996, QUI AURONT POUR SIEGES :
1- CONTINENT EUROPÉEN : Berlin, Allemagne.
2- CONTINENT AMÉRICAIN : La Realidad, Chiapas, Mexique.
3- CONTINENT ASIATIQUE :Tokyo, Japon.
4- CONTINENT AFRICAIN : A définir.
5- CONTINENT OCEANIQUE : Sydney, Australie.
N.B. Les sièges des assemblées continentales peuvent changer si les groupes organisateurs le décident.
Deuxièmement:
RENCONTRE INTERNATIONALE POUR L'HUMANITÉ ET CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME DU 27 JANVIER AU 3 AOUT 1996 DANS LES "AGUASCALIENTES" ZAPATISTES CHIAPAS, MEXIQUE.
Sur les BASES suivantes :
THEMES :
Groupe 1 - Du point de vue économique, comment on vit sous le
néolibéralisme, comment on lui résiste, comment on
lutte et propositions de lutte contre lui et pour l'humanité.
Groupe 2- Du point de vue politique, comment on vit sous le néolibéralisme,
comment on lui résiste, comment on lutte et propositions de lutte
contre lui et pour l'humanité.
Groupe 3- Du point de vue social, comment on vit sous le néolibéralisme,
comment on lui résiste, comment on lutte et propositions de lutte
contre lui et pour l'humanité.
Groupe 4- Du point de vue culturel, comment on vit sous le néolibéralisme,
comment on lui résiste, comment on lutte et propositions de lutte
contre lui et pour l'humanité.
ORGANISATION : LES RÉUNIONS PRÉPARATOIRES EN EUROPE, ASIE, AFRIQUE ET OCÉANE SERONT ORGANISÉES PAR LES COMITÉS DE SOLIDARITÉ AVEC LA RÉBELLION ZAPATISTE, ORGANISMES AFFINES ET GROUPES DE CITOYENS INTÉRESSES A LA LUTTE CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME ET POUR L'HUMANITÉ. NOUS APPELONS LES GROUPES DE TOUS LES PAYS A TRAVAILLER UNIS POUR L'ORGANISATION ET LA RÉALISATION DES ASSEMBLÉES PRÉPARATOIRES. LA RENCONTRE INTERCONTINENTALE POUR L'HUMANITÉ ET CONTRE LE NÉOLIBÉRALISME QUI SERA CÉLÉBRÉE DU 27 JUILLET AU 3 AOUT 1996 AU CHIAPAS, MEXIQUE, SERA ORGANISÉE PAR L'EZLN ET PAR DES CITOYENS ET ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES MEXICAINES QUI SERONT INDIQUÉES LE MOMENT VENU. INSCRIPTIONS: LES INSCRIPTIONS POUR LES ASSEMBLÉES PRÉPARATOIRES DES 5 CONTINENTS SE FERONT AUPRES DES COMITÉS D'ORGANISATION QUI SE FORMERONT RESPECTIVEMENT EN EUROPE, ASIE, AFRIQUE, OCÉANE ET AMÉRIQUE. LES INSCRIPTIONS POUR LA RENCONTRE DU CHIAPAS, MEXIQUE, SE FERONT A TRAVERS LES COMITÉS DE SOLIDARITÉ AVEC LA RÉBELLION ZAPATISTE, AVEC LE PEUPLE CHIAPANEQUE ET AVEC LE PEUPLE MEXICAIN, DANS LEURS PAYS RESPECTIFS, ET AU MEXIQUE A TRAVERS LA COMMISSION D'ORGANISATION QUI SERA INDIQUÉE LE MOMENT VENU. NOTE GÉNÉRALE ET INTERCONTINENTALE : TOUT CE QUI N'EST PAS PRÉVU PAR CETTE CONVOCATION SERA RÉSOLU PAR LES COMITÉS D'ORGANISATION RESPECTIFS EN CE QUI CONCERNE LES ASSEMBLÉES CONTINENTALES PRÉPARATOIRES, ET PAR LE COMITÉ D'ORGANISATION INTERCONTINENTAL POUR LA RENCONTRE DU CHIAPAS, MEXIQUE. -*- FRERES, L'humanité vit dans chacune de nos poitrines et comme le coeur, elle préfère le côté gauche. Il faut la retrouver, il faut nous retrouver. Il n'est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit de le refaire à neuf. Nous. Maintenant.
DÉMOCRATIE! LIBERTÉ! JUSTICE!
Depuis les montagnes du Sud-Est Mexicain
Pour le Comité Clandestin révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale
Sous-commandant Insurgé Marcos Mexique, Janvier de 1996.
ARMEE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALE MEXIQUE
Janvier 1996
A : Tous les participants à la V ème rencontre Européenne de Solidarité avec la Rébellion Zapatiste. Paris, France.
(épigraphe)
FRERES,
Au nom de mes compagnons, les hommes, les femmes, les enfants et les vieux qui forment l'Armée zapatiste de Libération nationale, je vous écris pour vous saluer et saluer la célébration de cette V RENCONTRE EUROPEENNE DE SOLIDARITE AVEC LA REBELLION ZAPATISTE.
Vous devez savoir que nous n'avons pu envoyer aucun de nos camarades zapatistes et que personne n'est chargé de représenter l'EZLN devant cette V RENCONTRE. Nous sommes en ce moment en train de consulter les communautés indiennes zapatistes pour répondre aux propositions d'accord issues du dialogue de San Andrés Sacamch'en de Los Pobres. C'est pourquoi il nous est impossible d'assister à votre V RENCONTRE. Nous n'avons pu demander à personne d'autre (et nous ne le ferons pas) de porter notre voix jusqu'à vous. C'est pourquoi nous devons utiliser de nouveau la forme épistolaire pour nous faire entendre de vous.
En annexe à ce salut, vous trouverez la "Première Déclaration de La Realidad", qui appelle à célébrer la PREMIERE RENCONTRE INTERCONTINENTALE POUR L'HUMANITE ET CONTRE LE NEOLIBERALISME". Nous voulons vous demander de la lire et, si vous êtes d'accord, d'y souscrire aux côtés de l'EZLN, pour convoquer, ensemble, l'humanité à cette rencontre avec elle- même, à cette rencontre entre nous.
Nous savons que vous avez beaucoup de choses à résoudre pendant votre rencontre, mais nous vous supplions de prendre un peu de temps pour cette affaire de rencontre que Durito appelle "intergalactique".
Sur ce point, nous voulons vous dire ceci : Nous vous proposons que l'Assemblée Préparatoire de la RENCONTRE INTERNATIONALE POUR L'HUMANITE ET CONTRE LE NEOLIBERALISME du continent européen se tienne la première semaine d'avril 1996 à Berlin, Allemagne.
Sachez aussi que ce n'est qu'une proposition, et que, bien sûr, si vous choisissez un autre lieu, nous sommes d'accord. En tout cas, que ce soit à Berlin ou ailleurs, nous vous demandons d'aider le groupe qui en sera l'hôte. Il nous faut commencer à imposer une nouvelle culture politique où l'unité serve à quelque chose. Et quel meilleur exemple de cette nouvelle culture politique que de réaliser cette assemblée (et celles des autres continents) grâce à un travail international, et pas seulement à celui du pays hôte. Il s'agit d'essayer de former l'internationale de l'espoir ? Bon, alors rompons les frontières aussi dans cet autre sens.
Je voudrais expliquer pour quelles raisons nous proposons que le lieu de l'assemblée préparatoire européeenne soit Berlin. Je pourrais dire que j'espère obtenir du CCRI qu'il m'envoie comme délégué, et que j'ai toujours voulu connaitre l'Allemagne, ou que c'est une stratégie pour entretenir mon narcissisme (les marks, leurs "marcos", bien sûr). C'est vrai, mais ce n'est pas la raison principale.
Comme le dit la "Première Déclaration de La Realidad", le Pouvoir nous a vendu pour vrai un mensonge, le mensonge de notre défaite. Sans trop se préoccuper de nous vaincre réellement, le Pouvoir a tout fait pour nous faire croire que nous sommes vaincus. Qui? Nous, vous, tous ceux qui pensons qu'un monde nouveau est possible et nécessaire, un monde où la démocratie, la liberté, la justice, abandonneraient leur place confortable d'utopies de bibliothèques, et viendraient vivre (et lutter, ce qui est une belle façon de vivre) avec nous.
Sur le mensonge de notre défaite, le Pouvoir a construit le mensonge de sa victoire. Et le Pouvoir a choisi la chute du Mur de Berlin comme symbole de sa toute-puissance et de son éternité. Sur les ruines du Mur de Berlin, le Pouvoir a édifié un mur plus haut et plus fort : le mur du désespoir.
Le mur est toujours là, il fait partie de l'hisoire, mais il ne signifie pas la défaite de l'espoir ni la victoire du cynisme. Il y a à Berlin un fragment du miroir brisé dont nous avons hérité pour toute histoire.
De même qu'Alice découvre que pour atteindre la Reine Rouge, elle doit repartir en arrière, nous aussi devons nous retourner vers le passé pour pouvoir avancer et devenir meilleurs. Dans le passé, nous trouverons des chemins pour l'avenir. Et nous, vous, n'avons pas d'aspiration plus grande que l'avenir. C'est pour cela que le passé est important. Si quelque chose de nouveau naît, c'est parce que meurt quelque chose de vieux. Mais dans le neuf, le vieux se prolonge et peut dévorer l'avenir si nous ne savons pas le contenir, le connaitre, lui parler, l'écouter, en somme, si nous continuons d'en avoir peur.
Un symbole? Oui, un symbole. Pourquoi ne pas commencer du nouveau là où s'est arrêté le vieux ? Qu'avons-nous à perdre ? Rien, sauf la peur, la honte, les remords... et les cauchemars.
Pourquoi ne pas commencer par un symbole ? Pourquoi ne pas reprendre notre chemin en ce point, symbole que le Pouvoir entretient comme celui de la fin de l'Histoire et de l'éternité de son mandat ? Pourquoi ne pas prendre dans nos mains ce fragment brisé du miroir ? Nous nous écorcherons peut-être les mains, mais peut-être aussi arriverons-nous à voir, par une des failles du reflet, la fenêtre que nous cherchons, celle que nous désirons, celle que nous méritons....
Berlin. La première semaine d'avril de l'an 1996. 7 ans après. 7 fois 7 marcher le 7. Pourquoi pas?
Bon, je vous salue encore, et répète tous mes voeux de succès pour votre V RENCONTRE EUROPEENNE DE SOLIDARITE AVEC LA REBELLION ZAPATISTE.
Voilà. Salut et qu'ensemble, nous trouvions la reine Rouge.
Depuis les montagnes du Sud-Est Mexicain. Sous-commandant insurgé Marcos Mexique, Janvier 1996.
PS- Qui alerte l'OTAN. Durito n'a pas abandonné l'idée de débarquer pour entamer la conquête de l'Europe. Il m'a invité, mais j'hésite. L'embarcation qu'il prépare ressemble un peu trop à une boite de sardines. En plus, je crains qu'il ne veuille m'emmener pour lui servir de rameur, et moi, toute humidité non féminine me donne le mal de mer....
De source officielle, on a dénombré 199 cas de choléra au Mexique (3 personnes en sont mortes) sur les quatre premières semaines de 1996. En 1995, le nombre de cas déclarés avait été de 16.431, soit quatre fois plus qu'en 1994.
Visite de Zedillo à Madrid et à Barcelone, où il a parlé des facilités accordés par son gouvernement aux investisseurs étrangers. Il y a eu des manifestations de protestation dans ces deux villes. Celle de Barcelone a réuni 400 personnes. En 1995, le pouvoir d'achat des mexicains a baissé de 67 %, par rapport à 94, à cause de la dévaluation du peso et de l'inflation.
Enrique Iglesias, président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), a annoncé un nouveau crédit pour le Mexique : 1 500 millions de dollars seront destinés à "appuyer les secteurs financier, social et de l'énergie" du pays. Il a aussi annoncé le don, de la part de la BID, de 10 millions de dollars pour les communautés indiennes du Chiapas. Cet argent, selon lui, est destiné à "construire des hôpitaux, des écoles et à améliorer les chemins et routes de la zone, afin de faciliter la productivité et le commerce des communautés indiennes". Connaissant le fonctionnement habituel des aides gouvernementales aux populations indiennes, on peut se demander à quoi servira cet argent : à essayer d'acheter des gens? à faire un coup de publicité sans lendemain (voir un certain hôpital tout neuf mais vide depuis son inauguration...)? Et puis, améliorer les chemins et les routes, c'est bien, mais c'est surtout utile aux grands producteurs et à l'armée, et pas aux indiens qui marchent à pied.
Près de 5 000 militants du PRD de Tabasco ont bloqué l'accès
à sept champs pétrolifères de l'Etat (soit 18 puits,
selon PEMEX). A cette occasion, Andrés Manuel López Obrador,
dirigeant local du PRD et ancien candidat au poste de gouverneur (remporté
frauduleusement par le PRI), a lu un manifeste adressé à
l'opinion publique, dans lequel il explique qu'ils ont décidé
"de nous mobiliser pacifiquement pour nous défendre contre
l'abus, l'impunité et la dépossession de notre patrimoine
national et familial". Il a rappelé les quatre axes de leur
mobilisation :
1) la non-reconnaissance de Roberto Madrazo, du PRI, comme gouverneur du
Tabasco ;
2) le non-paiement des factures trop élevées d'électricité
;
3) ne pas se laisser faire par les banques qui saisissent les biens des
gens de Tabasco (leurs terres, maisons et autres) quand ils ne peuvent
plus payer leurs dettes ;
4) ne pas laisser PEMEX ouvrir d'autres puits de pétrole, s'il n'y
a pas de bénéfices pour les gens de Tabasco et si l'entreprise
ne s'engage pas a préserver et restaurer l'environnement. Dans le
même message, López Obrador a rappelé les dégâts
que la production du pétrole a provoqué dans le Tabasco :
fuites d'huiles, pluies acides et explosions de conduites, sans que PEMEX
se soucie de "la vie, le bien-être et la santé des tabasqueños".
Les indiens chontales de la zone, paysans pour la plupart, attendent toujours
la réponse à 5.900 plaintes qu'ils ont déposées
il y a déjà longtemps contre PEMEX, pour la pollution de
leurs terres et d'un système de lagunes. Publication par La Jornada
de deux communiqués de l'EZLN adressés aux participant(e)s
à la V ème rencontre européenne des comités
de solidarité avec la lutte zapatiste, dans lesquels les zapatistes
apportent des précisions sur la réunion intercontinentale
contre le neolibéralisme, qui devrait avoir lieu au Chiapas l'été
prochain (voir supplément). 1.627 délégués
de 269 organisations indépendantes du Mexique, ont approuvé
la création du Front Ample pour la Constitution du Mouvement de
Libération National (FAC- MLN), qui, comme son nom l'indique, travaillera
à la formation d'un Mouvement de Libération National. Le
MLN sera un espace politique dans lequel se retrouveront des organisations
d'opposition, dont le Front Zapatiste de Libération National (cf.
Ya Basta! n s 42 et 44 ). Le but du FAC-MLN est de "lutter contre
le neolibéralisme, ce qui implique une lutte générale
contre le régime capitaliste qui domine au Mexique et contre le
parti d'Etat qui le soutient". La direction du front sera formée
de deux représentants de chaque organisation participante. Le front
sera ouvert à d'autres organisations et la participation des partis
politiques sera définie ultérieurement. Le front organisera
3 mobilisations nationales : le 18 mars (anniversaire de la nationalisation
du pétrole) contre la privatisation de la pétrochimie ; le
10 avril (anniversaire l'assassinat de Zapata) pour la solution des revendications
paysannes ; et le 1er mai pour le jour des travailleurs.
PEMEX annonce que le blocage des puits de pétrole lui fait perdre 450 000 dollars par jour. L'entreprise a porté plainte contre les responsables. Porfirio Muñoz Ledo, président national du PRD, a déclaré que la décision d'occuper les champs pétrolifères du Tabasco aurait dû être décidée avec la dirigeance du parti.
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