5 novembre
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Quelques heures avant le départ de la COCOPA pour La Realidad, ils
ne sont finalement plus que trois représentants du PAN, et deux
du PRI à confirmer leur intention de faire le voyage : en plus des
quatre députés PRDistes et de Mendiguchía (PRI), les
deux députés du Parti du Travail et ceux du Parti Vert Écologiste
ont finalement renoncé. "Nous ne voulons pas être utilisés,
ni par nos partis, ni par le gouvernement", explique Payán Velver
(PRD).
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Réunion entre chefs d'entreprises américains et mexicains,
à l'initiative du coordinateur gouvernemental pour le conflit zapatiste
Emilio Rabasa Gamboa, pour "favoriser le développement économique
et social du Chiapas" (dixit Gamboa). Il a assuré aux journalistes
qui l'interviewaient que le gouvernement mexicain ne menait "pas de campagne
contre-insurrectionelle armée", et qu'au contraire, il misait sur
le développement économique pour "surmonter la marginalisation
des communautés indiennes". Il a ajouté que la stratégie
du gouvernement était de traiter les causes du conflit (sous entendu
: la pauvreté), et ne se limitait pas à reprendre le dialogue
avec l'EZLN [NdC : c'est le nouveau dada du gouvernement mexicain, cf.
Ya Basta précédent, 3 novembre, déclarations de Labastida,
et Ya Basta n°82, 21 octobre, déclarations de Albores Guillén
: ne serait-ce pas pour convaincre les européens de signer l'accord
de libre échange au plus vite ? Ne serait-ce pas aussi une façon
de "résoudre" le conflit zapatiste sans les zapatistes ?]. Et pour
enfoncer le clou, il a assuré qu'il n'y avait ni mobilisations militaires,
ni opérations dans les communautés zapatistes, et que les
mouvements observés correspondaient seulement à la relève
"normale" des troupes.
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Dans un communiqué, le Front Zapatiste de Libération Nationale
dénonce le harcèlement dont il est l'objet : deux jours plus
tôt, María Eugenia Romero, militante du FZLN dans la ville
de Mexicali (Basse Californie) et sa fille de 5 ans ont été
arrêtées alors qu'elles allaient à l'aéroport
retirer un colis envoyé par le Front Zapatiste et contenant des
T-shirts et des affiches. Elles ont été retenues et interrogées
pendant 12 heures, et Maria Eugenia a été contrainte à
signer des papiers en blanc. Elles ont été libérées
sur intervention d'organismes de défense des droits humains. D'autre
part, des inconnus ont pénétré par effraction dans
les bureaux du FZLN à Mexico, qu'ils ont saccagés.
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De source officielle, on apprend que 80 % des biens et propriétés
saisis par les autorités de l'état de Basse Californie à
de présumés narcotraficants depuis cin
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ans ont pu être récupérés par leurs "propriétaires"
grâce à l'octroi d'amparos (protection juridique). Très
souvent, à cause de vices de forme dans la procédure de saisie.
Parmi les biens acquis grâce aux narco-dollars et récupérés
après saisie, un ranch possédant un petit zoo particulier,
qui a du être rendu à des membres notoires du cartel des frères
Arellano Felix, et quelques autres broutilles du même genre...
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Et d'ailleurs, à propos d'amparo, Sergio Salinas, frère de
Raúl et de Carlos, vient d'en demander et d'en obtenir un, pour
se protéger contre une enquête actuellement en cours sur son
compte : il est en effet soupçonné d'avoir des intérêts
dans quelques sociétés écrans montées par un
comptable véreux et actuellement en fuite pour couvrir (comme on
dit pudiquement ici au Mexique) l' "enrichissement illégal" de son
frère Raúl...
6 novembre
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Publication de trois communiqués de l'EZLN. Le premier est une réponse
très sèche à la COCOPA et à ses demandes insistantes
de rencontre (cf. encadré). Le second est adressé "au peuple
du Mexique" et "aux peuples et gouvernements du monde", et explique la
position zapatiste vis à vis de la demande de la COCOPA :
"...nous avons proposé deux rencontres à la COCOPA (...)
dans le but que l'opinion publique nationale et internationale et la société
civile qui participera à la rencontre avec l'EZLN du 20 au 22 du
même mois, garantissent la sécurité des délégués
zapatistes". Il conclut : "nous lançons un appel à la société
civile nationale et internationale pour qu'elle exige les conditions nécessaires
à cette rencontre, afin que celle-ci puisse se réaliser".
Le troisième communiqué est adressé à la presse,
et présente les deux précédents. Il dit aussi : "les
militaires, cet obstacle récurrent à la paix, la démocratie
et la justice depuis 30 ans, reprennent leur vieille tactique qui consiste
à renforcer leur action, pour ensuite «négocier»
une suspension temporaire. Les voici qui nous imposent davantage de patrouilles,
et se déclarent prêts à «donner des gages de
détente» en suspendant ce qui n'existait pas avant".
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Dans un communiqué, la COCOPA annonce qu'elle accepte la proposition
de l'EZLN, et quelle va prendre contact avec les autorités compétentes
pour leur demander de garantir les conditions de sécurité
nécessaires à cette rencontre. Le voyage à La Realidad,
qui devait avoir lieu aujourd'hui est annulé.
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Un convoi de 700 soldats spécialisés en contre-insurrection
doit arriver dans la Selva dans les heures qui viennent, pour prendre position
autour des zones où se tient l'EZLN. Ils viennent du Yucatán,
et une bonne partie d'entre eux ont été formés à
l'école guatémaltèque des Kaïbiles, de triste
réputation. Les autres font partie du Groupe Aéromobile de
Forces Spéciales (GAFE), et d'un groupe d'élite de l'Armée
Fédérale, spécialisé dans la contre-guérilla
urbaine.
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L'ex-candidat PRIiste à la mairie de Nicolás Ruíz
(Chiapas) a été assassiné par balles. La mairie (PRD)
s'est immédiatement déclarée étrangère
à cette affaire. Nicolás Ruíz avait été
le théâtre d'une opération militaire de grande envergure
le 3 juin dernier (cf. Ya Basta n°68), officiellement pour libérer
des PRIistes séquestrés. Il y avait eu 16 personnes arrêtées,
dont un certain nombre sont toujours aujourd'hui emprisonnées à
Cerro Hueco.
7 novembre
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La COCOPA annonce qu'elle a demandé à rencontrer Emilio Rabasa
Gamboa, coordinateur gouvernemental pour le conflit zapatiste, et la Croix
Rouge Internationale, pour travailler à préparer la rencontre
avec l'EZLN.
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La Justice chiapanèque a refusé d'accorder l'amparo (protection
juridique) à Luis Menedez Medina, arrêté lors de l'opération
militaro-policière d'avril dernier à Taniperlas.
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Le nonce apostolique (représentant du Vatican) Justo Mullor García
s'est rendu au Chiapas pour poser la première pierre d'un complexe
d'habitation pour les sinistrés par les pluies du mois de septembre
financé par l'Église. Il en a profité pour raviver
la campagne contre Samuel Ruíz et le diocèse de San Cristóbal
(cf. Ya Basta précédent, 2, 3 et 4 novembre), en déclarant
qu'on devrait enquêter sur la gestion des fonds de toutes les institutions,
et que l'Église s'y prêterait de bon coeur, sa gestion était
tout à fait transparente...
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Le président du PAN Felipe Calderón est à Cuba, où
il a rencontré Fidel Castro. Ils ont discuté de nombreux
sujets, et Castro a posé beaucoup de questions à son invité,
en particulier sur la Chiapas.
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Le ministère des Finances annonce la suppression des subventions
pour les tortillas (galettes de maïs, l'aliment de base au Mexique,
surtout pour les plus pauvres). Grâce à cette subvention,
le prix du kilo de tortilla était maintenu à 3 pesos (un
peu plus de 2 FF). Comme d'autre part, il est question d'étendre
la TVA aux produits alimentaires, on calcule que les tortillas devraient
passer l'année prochaine à 5,2 pesos.
8 novembre
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La COCOPA demande à rencontrer le ministre de l'Intérieur
Francisco Labastida Ochoa, pour discuter avec lui des garanties de sécurité
nécessaires à la rencontre COCOPA - EZLN, les 20 et 22 novembre
prochains. Dans un premier temps, le coordinateur gouvernemental pour le
conflit zapatiste Emilio Rabasa Gamboa avait estimé que ces questions
relevaient de la compétence du gouvernement local, mais la COCOPA
ne se satisfait pas de cette réponse, et demande des garanties au
plus haut niveau.
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D'autre part, le député PRDiste Gilberte Lopez y Rivas demande
que ces mesures ne se limitent pas au seul moment de la rencontre COCOPA
- EZLN, mais qu'elles soient permanentes, et constituent un "signe de paix"
en direction de l'EZLN. Il s'agit, ajoute-t-il, de prendre des mesures
"qui ne soient pas seulement décoratives". De son côté
le député PANiste et membre de la COCOPA Felipe Vicencio
Alvarez estime que "la reprise du dialogue dépend pour une bonne
part de ce que le gouvernement abandonne le double langage, avec d'un côté
l'action militaire et de l'autre les discours de paix". Il ajoute que selon
lui, l'EZLN ne représente plus une menace sérieuse pour l'armée
fédérale, et que des mesures de détente favoriseraient
une issue politique du conflit. Enfin il faut ajouter que les cerveaux
s'échauffent pas mal pour savoir ce qu'il faut entendre par l'expression
"délégation de haut niveau" employée par les zapatistes
dans leur communiqué, si c'est une façon de signifier que
Marcos participerait aux réunions.
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Dans le cadre du projet de remunicipalisation du Chiapas (cf. Ya Basta
n° 68, 29 mai, 3 et 7 juin 98, et n°71, 9 juillet 98), le gouvernement
chiapanèque lance une "Consultation Municipale" dans 36 communautés
de la région de Marqués de Comillas (extrême sud-est
de l'actuelle municipalité d'Ocosingo). Il s'agit, selon les autorités,
de recenser les besoins en infrastructures de la future municipalité
Marqués de Comillas. La consultation doit durer une douzaine de
jours, et déboucher sur un "plan de développement municipal".
Elle sera réalisée par 150 volontaires de la région.
9 novembre
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Le gouvernement chiapanèque annonce qu'il va envoyer au Congrès
mexicain une proposition de loi pour désarmer les groupes paramilitaires.
Il précise qu'il s'agit de démanteler les 12 groupes paramilitaires
reconnus par la PGR (police judiciaire), et que l'EZLN n'est pas concerné,
tant qu'il est couvert par la Loi pour le dialogue et la réconciliation,
c'est à dire tant que durera le dialogue gouvernement - EZLN.
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La Conférence de l'Épiscopat Mexicain (CEM) déclare
s'opposer à ce que Mgr Samuel Ruíz, évêque de
San Cristóbal et ex-président de la défunte Commission
Nationale de Médiation (CONAI, sur sa dissolution voir Ya Basta
n°68, 8 juin 98) s'investisse à nouveau comme médiateur
entre l'EZLN et le gouvernement. Ceci suite au communiqué de l'EZLN
daté du 4 novembre (cf. encadré), dans lequel Marcos souligne
la nécessité d'une médiation (sous-entendu : la COCOPA
ne remplit pas ce rôle). Il faut dire que Samuel Ruíz, qui
a travaillé depuis plusieurs dizaines d'années en faveur
des populations indiennes marginalisées du Chiapas, avait mené
sa tâche de médiation avec beaucoup de conviction, et que
cela lui a valu, outre la reconnaissance des milieux attachés à
l'idée d'une solution négociée, de solides inimitiés
du côté des milieux proches du pouvoir et de l'Église
traditionaliste.
10 novembre
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Un commando de 60 guérilleros présumés de l'EPR a
attaqué un détachement de la Police Judiciaire dans le village
de San Juan de la Flores, dans la Sierra de Atoyac (Guerrero). L'affrontement
a duré plus d'une heure, et a fait 3 morts (deux guérilleros
et un policier), et 7 blessés (4 policiers et 3 guérilleros).
Les assaillants, vêtus d'uniformes verts et café, masqués
par des foulards et équipés de bottes militaires, ont attaqué
simultanément sur deux fronts au cocktail molotov, AK-47 et carabine,
après avoir coupé l'électricité du village.
San Juan de las Flores, communauté de deux mille habitants, n'est
pas un village des plus tranquilles : de nombreux groupes armés
y opèrent, paramilitaires, liés au narcotrafic ou d'autodéfense,
en plus des groupes de guérilla.
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Environ 30.000 paysans de tout le pays, membres de Antorcha Campesina ("Torche
Paysanne", une organisation proche du PRI) on manifesté à
Mexico contre le gouvernement de Cuauhtémoc Cárdenas. Ce
qui est assez curieux, c'est le coût de cette manifestation (des
affiches partout dans le pays, la location de 250 bus pour faire venir
les manifestants jusqu'à Mexico, parfois du sud du pays, des T-shirts
et des casquettes imprimées, le repas offert aux manifestants, etc.),
tout cela pour soutenir des revendications locales somme toute assez banales
: l'aménagement de deux lycées à Mexico, et des prestations
de services pour certains quartiers. On murmure qu'en fait cette manifestation
a été payée par Manuel Bartlett Díaz, gouverneur
de l'état de Puebla et dinosaure du PRI, pour nuire à Cárdenas
(PRD, premier gouverneur élu du District Fédéral de
Mexico), se faire bien voir de son parti et gagner ainsi un ticket de candidat
pour les prochaines présidentielles. Le leader de Antorcha Campesina
soutient, lui, que se sont les paysans qui ont financé la manif
sur leurs propres deniers...
11 novembre
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Le Prix de la Mémoire, distinction accordée par une association
proche de la Fondation France Libertés à des individus ou
groupes "dont le travail de mémoire va dans le sens de la sauvegarde
d'une identité et d'une culture qui leur est propre", sera remis
le premier décembre prochain aux "communautés indiennes en
résistance du Chiapas", lors d'une cérémonie qui se
tiendra aux Beaux-Arts, à Paris. Le bruit court que c'est Gloria
Benavides (ex-prisonnière politique "présumée zapatiste",
arrêtée lors de l'offensive militaire du 9 février
95 et libérée quelques mois plus tard, elle est déjà
venue en France en tant que représentante du FZLN en novembre 96)
qui viendrait recevoir le prix au nom des communautés indiennes.
Les précédents lauréats ont été le Dalaï
Lama, Serge Klarsfeld, l'Institut Kurde de Paris, le maire de St Péterspourg,
le Centre de Documentation Juive, le chanteur kabyle Lounés Matoub,
et l'UNICEF, entre autres.
12 novembre
-
Le ministre de l'Intérieur Francisco Labastida Ochoa a reçu
hier Javier Guerrero, député PRIiste et actuel président
de la COCOPA (il s'agit d'une présidence tournante), qui lui a demandé
que le gouvernement fédéral prenne des mesures permettant
de garantir la sécurité de la délégation zapatiste
qui rencontrera la COCOPA les 20 et 22 novembre prochains. Il lui a aussi
demandé de solliciter le Comité International de la Croix
Rouge (CICR) pour assurer la sécurité de la rencontre. Labastida
Ochoa a promis de répondre rapidement aux demandes de la COCOPA.
13 novembre
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Reportage de La Jornada au Chiapas, où ses journalistes ont pu constater
que la mobilisation militaire est plus importante que jamais dans la zone
de conflit. En particulier la pression s'est renforcée autour de
l'Aguascalientes de Oventic, et les barrages militaires ont fleuri sur
toutes les routes de la région. Sur la route que devront obligatoirement
emprunter les délégués zapatistes pour se rendre à
la rencontre, il n'y a pas moins de quatre barrages militaires sur 40 kilomètres.
Les soldats arrêtent tous les véhicules qui passent, relèvent
l'identité des voyageurs, et leur posent quantité de questions
sur leur destination, leur activité, et l'éventuelle présence
d'étrangers parmi eux. Selon un habitant d'Oventic, la pression
militaire s'est renforcée ces derniers jours, après que l'EZLN
ait annoncé sa rencontre avec la COCOPA.
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En voyage politique au Mexique, Gerry Adams, président du Parti
Nationaliste Irlandais (aile politique de l'IRA), s'est intéressé
au conflit zapatiste et a même rencontré la COCOPA. Il a déclaré
qu'il ne voulait pas s'ingérer dans des problèmes internes
au pays, mais que, de part son expérience de négociation
politique, il pouvait apporter des éléments de réflexion
au gouvernement mexicain.
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L'EZLN a accepté la participation d'une représentation du
Consejo Coordinador Empresarial de Chiapas (une organisation patronale
locale) à la rencontre entre l'EZLN et la société
civile qui se tiendra à San Cristóbal de las Casas du 20
au 22 novembre prochains. Ce groupe, qui s'est récemment illustré
en participant à la campagne menée contre le diocèse
de San Cristóbal et les ONGs travaillant au Chiapas (cf. Ya Basta
précédent, 3 novembre), a d'ores et déjà fait
savoir que sa participation à la rencontre serait critique : "nous
donnerons notre sentiment sur les problèmes créés
par la poursuite du conflit, qui gène les investissements". Ils
font aussi savoir qu'ils ont protesté auprès de l'Ambassade
de France à Mexico, parce que celle-ci a envoyé a toutes
les agences de tourisme françaises une circulaire pour les mettre
en garde contre le danger qu'il peut y avoir pour les touristes au Chiapas,
tout ça (selon le CCE) pour une "guerre de papier dans laquelle
des groupes politiques et religieux ont essayé de renforcer leurs
positions, ce qui a été relayé et magnifié
par la presse et par des observateurs étrangers qui veulent seulement
passer dans les journaux, et se moquent bien de nos problèmes et
n'aident en rien à les solutionner" [pfffiouu... Ils vont bien se
marrer, à la rencontre...].
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Jacques Chirac est arrivé hier au Mexique, où il a été
reçu par Zedillo. Pour la forme, il a appelé les jeunes mexicains
à "défendre de toute leur âme la démocratie",
et a déclaré espérer que les accords signés
en 96 avec l'EZLN pourraient "être appliqués normalement (...)
et je crois que bientôt des négociations vont pouvoir apporter
une solution qui prenne en compte les droits de toutes les parties". Mais
surtout, il a assuré qu'il n'y avait aucun problème qui pourrait
retarder les négociations de l'accord économique entre le
Mexique et l'Europe.
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