Bulletin du Collectif Ya basta.
Ya Basta! No. 86.
 
Chronologie du 14 au 19 novembre 1998.
 
  

     14 novembre 
     

  • Le député du PRD et membre de la COCOPA Gilberto Lopez y Rivas déclare qu'il est "inadmissible" qu'il continue d'y avoir des patrouilles militaires et des barrages autour des communautés zapatistes de La Realidad, La Garrucha et Oventic, d'où doivent partir les délégations zapatistes pour la rencontre des 20 et 22 novembre prochain. Il ajoute que la COCOPA est inquiète de ne toujours pas avoir de réponse du ministère de l'Intérieur à propos des mesures devant garantir la sécurité des zapatistes. 

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  • Dans un communiqué, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas répond à l'annonce faite par le gouverneur du Chiapas d'une "loi de désarmement" pour démanteler les groupes paramilitaires (cf. 9 novembre) : ils rappellent que "la violence (...) provoquée par les groupes paramilitaires a fleuri malgré le nombre exagéré de soldats et de policiers" présents sur le territoire, et estiment que "si la présence de dizaines de milliers de soldats et de policiers ne suffit pas à désarmer les groupes paramilitaires en question (...) la création d'une «police rurale» n'aura aucun impact sur la désarticulation de ces groupes, mais par contre elle pourra aiguiser les tensions en allant grossir les rangs des corps de sécurité déjà gravement mis en question pour leur inefficacité et dans certains cas leur franche complicité". Ils rappellent encore que "le démantèlement des groupes paramilitaires implique qu'on rende publiques les complicités qui existent entre ces groupes et certains partis politiques ou certains fonctionnaires publics, complicité qui permettent l'impunité de ces groupes". Ils concluent : "l'existence des groupes paramilitaires est subrepticement liée au parti officiel et à votre gouvernement, il s'agit d'une stratégie fratricide de contre-insurrection". 

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  • Le gouverneur du Guerrero Angel Aguirre Rivero déclare que les dirigeants des groupes armés qui opèrent dans son état (EPR et ERPI) agissent depuis Mexico, où ils recrutent dans les universités publiques. Il a rejeté toute idée de négociation avec les rebelles, qu'il a qualifiés de «délinquants de droit commun», ajoutant ne pas connaître leurs revendications [que ces groupes ont pourtant publié : M. le gouverneur ne sait sans doute pas lire, NdC]. 

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    15 novembre 
     

  • Felipe Arizmendi, évêque de Tapachula (Chiapas), appelle l'EZLN à accepter une négociation directe avec le gouvernement. Il estime que les rencontres avec la société civile "peuvent aider, mais ne sont pas fondamentales", parce que "le conflit principal est entre le gouvernement et l'EZLN". 

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  • Mireille Roccatti, présidente de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH, organisme gouvernemental) déclare que la pauvreté extrême est à l'origine du soulèvement armé du Chiapas [pour commentaire, cf. Ya Basta précédent, 5 novembre]. Elle ajoute qu'au niveau international, le conflit a "réveillé l'idéal libertaire promu par Che Guevara et les mouvements de guérilla d'Amérique Centrale", et que cela "justifie les restrictions que les autorités mexicaines ont mis en place vis à vis des visiteurs étrangers". 

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  • Guerrero : de source policière, l'armée rechercherait dans plusieurs municipalités de la côte un groupe de guérilleros qui aurait pour projet d'assassiner le candidat PRIiste au poste de gouverneur. Les autorités locales démentent, et justifient l'inhabituelle mobilisation militaire dans cette zone par une opération anti-narcotrafic. 
  • 16 novembre 
     

  • Le ministère de l'Intérieur annonce que le gouvernement fédéral accordera "les facilités nécessaires pour garantir le transit des participants à la réunion des 20 et 22" entre l'EZLN et la COCOPA, et qu'il a sollicité la participation de la Croix Rouge Internationale pour assurer la sécurité des délégués zapatistes. 

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  • L'évêque de San Cristóbal Samuel Ruíz García fait savoir qu'à trois jours de la venue des délégués zapatistes dans sa ville, il n'a pour l'instant observé aucune diminution de la mobilisation militaire dans les Altos, le nord du Chiapas et la Selva. Il est néanmoins optimiste, et pense que la rencontre va tout de même avoir lieu, et qu'elle constitue un pas en avant et un espoir de paix. 

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  • Le Congrès local chiapanèque élu le 4 octobre dernier est entré en fonction malgré les demandes d'invalidation du scrutin faites par le PRD (cf. Ya Basta n°81, 5 octobre 98). Il sera présidé par Jose Antonio Aguilar Bogedas, qui était jusqu'à présent le dirigeant du PRI chiapanèque. 

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  • Le Comité Directeur du PRI chiapanèque accuse Pablo Salazar Mendiguchía (parlementaire PRIiste et membre de la COCOPA) de "déloyauté envers le Parti" pour les positions indépendantes qu'il a défendues concernant le conflit au Chiapas (cf. Ya Basta n°83, 29 octobre 98), et menace de l'exclure de ses rangs. 
  • 17 novembre 
     

  • La Jornada publie sur deux jours (hier et aujourd'hui) un long interview du sous-commandant Marcos, dans lequel ce dernier analyse la situation politique actuelle, la situation du mouvement zapatiste, ses espoirs et ses erreurs. Marcos rappelle qu'un tournant fondamental s'est produit dans la vie de l'EZLN quand, bien avant l'insurrection de 1994, le petit groupe d'insurgés qu'ils formaient a pris contact avec les communautés indiennes : "les insurgés (...) ont du apprendre, non seulement à parler avec les mots des communautés indiennes, mais aussi à écouter. C'est cela le principal apport des communautés à l'EZLN, et ce qui l'a constituée définitivement. (...) Cette capacité à entendre a été fondamentale à partir du 12 janvier 1994 [date des premiers dialogues avec le gouvernement, NdT]. L'EZLN démontre qu'elle sait écouter ce qui se passe au dehors, et qu'elle sait que le moment est venu de passer à autre chose que la voie armée. (...) Lorsque l'EZLN a fait son apparition le 1er janvier 1994 elle se trouvait dans une position où elle ne pouvait pas parler. (...) Ce jour-là nous nous sommes rendus compte que nous pouvions parler, que nous pouvions gagner un espace pour être entendus. (...)  Ce processus n'existait pas avant 94 (...) Les choses ont pu avancer grâce au dialogue avec la société civile (...) Nous pensons qu'il est toujours possible d'ouvrir cet espace de dialogue (...), sinon, nous serions en train de faire le coup de feu ! Mais ce dialogue, ce processus de construction d'alternatives nouvelles pour permettre la participation des gens ne viendra pas du gouvernement, et ne se fera pas avec lui. Pas avec celui-ci, en tous cas !" 

  •  A propos des erreurs commises par l'EZLN, Marcos mentionne surtout "beaucoup de jugements hâtifs, concernant les forces politiques en présence, pas seulement les partis, mais aussi les organisations sociales, l'Église, l'armée, les médias (...) dont nous avons jugé, bien souvent de manière injuste et précipitée, les positions, les déclarations et les actes". Marcos précise que cela est surtout vrai pour le PRD (opposition de gauche) "mais aussi pour tout ce qu'on pourrait appeler la gauche radicale (...) y compris l'apparition de nouveaux groupes comme l'EPR ou l'ERPI", ainsi que certains secteurs du PAN ou du PRI. 
     Au journaliste qui lui demande si le silence de plusieurs mois observé par l'EZLN de mars à septembre 1998 n'a pas été aussi une erreur, en permettant au discours gouvernemental de s'installer dans le vide laissé par les zapatistes, Marcos répond : "cela nous a affecté politiquement, mais les bénéfices que nous en avons tiré ont été plus importants que le préjudice (...) Nous disions «telle est notre position», et nous jugions inutile de la répéter encore et encore ; alors nous nous sommes tus. (...) Nous savions que le gouvernement et d'autres acteurs allaient occuper l'espace, mais nous savions aussi que cela avait ses limites : tôt ou tard le discours allait se heurter à la réalité. (...) Le coût le plus important est que nous avons perdu contact avec la société civile. Quand nous avons rompu le silence, il a fallu renouer les liens. Nous y sommes arrivés en partie, mais pas totalement". Cependant Marcos assure qu' "après cette période de silence, nous sommes plus forts (...) parce que, quand l'EZLN s'est tue à l'extérieur, elle a intensifié son travail à l'intérieur, pour renforcer la cohésion de ses bases et diffuser son message politique dans des territoires voisins. Ce que théoriquement fait une armée qui gagne du terrain en occupant militairement des territoires, nous l'avons fait en nous étendant par le discours politique". 
     A propos de la Consultation sur le projet de "loi indienne", dont l'organisation doit être discutée lors de la prochaine rencontre avec la société civile, Marcos explique que les zapatistes y mettent tous leurs espoirs : "nous voudrions que la Consultation soit surtout une mobilisation (...) que ce ne soit pas l'EZLN qui dise «nous allons faire ça, allez-y !» comme ça a été le cas pour la consultation d'août 95, mais que le plus grand nombre possible de gens et de secteurs s'y investissent. Nous pensons que ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement la question indienne, mais une autre relation entre gouvernants et gouvernés. (...) Il s'agit d'ouvrir un espace d'insurrection sociale, civile, pacifique (...) de faire un pas de plus de cette nouvelle façon de faire de la politique, quand la société dit : «je dois me faire entendre de manière plus directe, et non plus seulement par la démocratie représentative»". Marcos ajoute qu'alors la classe politique devra "ou bien apprendre à écouter et à agir en conséquence, ou bien disparaître et être remplacée par une autre classe politique qui comprenne cela". "C'est la charnière qui manque à la consultation sur le Fobaproa. Dans la consultation qu'a fait le PRD, trois millions et demi de personnes ont dit : «voila notre position par rapport au Fobaproa». Mais il manquait la question : qu'allons nous faire de ces trois millions et demi d'opinions ? (...) Elles sont bien réelles, mais où jouent-elles ? comment pèsent-elles dans la balance politique ?". 
     A propos d'une éventuelle reprise du dialogue, Marcos réaffirme que la balle est dans le camp du gouvernement : "Nous avons posé cin
  • conditions, qui se résument à une seule question : est-ce que toi, gouvernement, toi, Zedillo, tu es prêt à assumer toutes les conséquences d'une issue pacifique au conflit ? Cela veut dire respecter ce qui a été signé, abandonner toute idée de solution militaire, être prêt à résoudre les problèmes économiques et sociaux fondamentaux des groupes concernés". Il dément au passage certaines accusations faites aux zapatistes, comme quoi ils chercheraient à gagner du temps, dans l'espoir que Cárdenas arrive au pouvoir en l'an 2.000 : "la question n'est pas de savoir si c'est le PRI, le PAN ou le PRD qui va l'emporter, mais de savoir si la classe politique est prête à s'attaquer aux problèmes", lesquels sont "la transition à la démocratie, la transformation du modèle économique, et régler les questions en suspends dans l'histoire de ce pays, entre autres la question posée par le mouvement indien, mais pas seulement celle-là, aussi celle posée par les mouvement des femmes malgré les avancées, et celle, à peine naissante, des homosexuels et des lesbiennes. Et manque encore celle de l'enfance". "La question n'est pas de savoir qui va être président, mais quelles relations politiques vont se mettre en place (...). Les gens doivent construire un espace pour se protéger de cette guerre, construire un autre type de relations, et cela a à voir avec l'idée de consultation, le processus de paix, le modèle économique... les gens sont capables de cela, et de bien davantage". 

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  • Interviewés séparément, le PRDiste Carlos Payán Velver et le PRIiste Luis H. Alvarez (tous deux membres de la COCOPA), ont estimé que les propos de Marcos selon lesquels les zapatistes n'ont pas renoncé au dialogue étaient un signe encourageant, et donnaient à la COCOPA l'espoir d'une reprise du processus de paix. Ils ajoutent qu'ils n'attendent pas de miracle de leur prochaine rencontre avec l'EZLN mais qu'ils s'y rendent "avec beaucoup d'enthousiasme", et que "si ça avance un petit peu, ce sera suffisant" (Payán Velver). Il faut dire que la plupart des parlementaires qui forment l'actuelle COCOPA ont été nommés suite aux élections législatives de juillet 97, et n'ont donc jamais rencontré l'EZLN (le dialogue ayant été suspendu par l'EZLN en septembre 1996). 

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  • Les autorités militaires chiapanèques annoncent que tous les barrages routiers vont être levés sur les routes que doivent emprunter les délégués zapatistes pour se rendre à la rencontre avec la COCOPA, et que les troupes resteront dans les casernes jusqu'au 23 novembre, date prévue du retour des délégués dans leurs communautés. D'autre part, la Croix Rouge Internationale a commencé à travailler à l'organisation des cordons de sécurité et des caravanes qui accompagneront les zapatistes pour leur trajet aller et retour. 2.000 personnes devraient être mobilisées pour assurer la sécurité de la rencontre. 

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  • Devant l'assemblée plénière du Sénat, le "Groupe Galileo", courant critique interne au PRI, et dont Pablo Salazar Mendiguchía fait partie, lui apporte tout son soutien, et condamne les pressions et les tentatives de "lynchage politique" dont il fait l'objet de la part du PRI chiapanèque (cf. 16 novembre). Selon le "Groupe Galileo", la résolution du Comité Directeur du PRI chiapanèque est contraire aux statuts du Parti, et les instances locales n'ont aucun pouvoir de décider d'exclusion de quiconque. Ils ajoutent qu'il est "sain qu'il y ait différentes positions à l'intérieur du PRI", et qu'il faut que celles-ci soient discutées. 

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  • D'autre part, le "Groupe Galileo" a présenté au Sénat une étude de 1.300 pages sur la situation au Chiapas, qui conclut que la gouvernabilité de l'état ne résultera pas obligatoirement de la défaite ou du désarmement de l'EZLN, mais seulement d'un nouveau pacte social fondé sur la reconnaissance des communautés indiennes et la réconciliation de tous les secteurs sociaux. Le rapport appelle aussi à une "nouvelle politique nationale vis à vis du Chiapas". 
  • 18 novembre 

     

  • Pour célébrer les 15 ans de l'EZLN (dix ans de préparation silencieuse, et cin
  • de guerre), et le départ des délégués pour la rencontre de San Cristóbal, les bases d'appui zapatistes ont organisé de grandes fêtes dans plusieurs Aguascalientes. A La Realidad, des centaines d'indiens tojolabales de la région ont participé à un bal, et écouté un message des insurgés, un du Congrès National Indien et un autre du Front Zapatiste, ainsi que des messages des groupes de jeunes et des groupes de femmes. Il y a aussi eu une représentation de théâtre et des chants. A Oventic, mille indiens ont donné une représentation théâtrale en tzotzile, retraçant l'histoire de l'EZLN depuis sa fondation jusqu'en 1994. La représentation a duré 6 heures, en présence de 4.000 spectateurs. 

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  • En Espagne, le Parti Populaire (parti de droite, héritier du franquisme, au pouvoir) a fait adopter par les députés une motion de soutien au gouvernement du Mexique, dans le cadre des négociations de l'accord de libre échange. Il s'agit, explique-t-on, de "compenser les critiques dont on a abreuvé le gouvernement mexicain depuis le massacre d'Acteal". 
  • 19 novembre 
     

  • Arrivée à San Cristóbal de la délégation zapatiste, en trois convois totalisant 29 personnes : le premier groupe, en provenance de La Garrucha (municipalité d'Ocosingo), est emmené par le comandant Zebedeo. Il est composé de 11 personnes, dont deux femmes. Le second groupe, qui vient d'Oventic (municipalité de San Andrés Larráinzar), comporte 11 personnes, dont 3 femmes. Il est coordonné par le commandant David. Le dernier groupe, en provenance de La Realidad, est composé de sept personnes, dont aucune femme. A sa tête, le commandant Tacho et le major Moises, décrit par la presse comme très proche de Marcos. Il semble bien que ce dernier n'assistera pas à la rencontre. Moises est le seul membre de la délégation à faire partie de la hiérarchie militaire de l'EZLN, les autres étant des "commandants", c'est à dire des cadres politiques du Comité Clandestin Révolutionnaire Indien (CCRI, l'organisation politique qui dirige l'EZLN ; Marcos a toujours expliqué ainsi son titre de "sous-commandant" : bien que chef militaire, il reste sous l'autorité politique des commandants du CCRI). Ont peut aussi noter, outre la faible représentation des femmes [camarades, encore un effort pour être égalitaires !...], que Tacho, David et Zebedeo sont des commandants connus et importants, et qu'avec Moises, ils ont tous participé au Dialogue de San Andrés (mars 95 - septembre 96). C'est donc bien une délégation expérimentée et de haut niveau que le CCRI a envoyé. 

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  • La commission d'organisation de la rencontre entre l'EZLN et la société civile dénonce que les convois transportant les zapatistes ont subi des provocations et des intimidations de la part des autorités : le convoi d'Oventic a été arrêté à un barrage militaire à San Andrés Larráinzar, et des soldats ont essayé de noter les numéros des plaques d'immatriculation des automobiles. Un peu plus loin, une voiture de police s'est insérée dans le convoi entre le véhicule de la Croix Rouge Internationale et ceux des accompagnateurs de la société civile, les bloquant pour les faire ralentir jusqu'à leur faire perdre de vue le fourgon de la Croix Rouge transportant les délégués. Le convoi en provenance de La Garrucha a subi le même accueil de la part de la police. D'autre part, la commission d'organisation dénonce que depuis quelques jours, elle est sujette à des coupures d'électricité ou de téléphone répétées et inexpliquées, qui la gênent dans son travail... 

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  • La COCOPA fait savoir que parmi les problèmes qu'elle voudrait résoudre avec l'EZLN, il y a celui d'un canal de communication stable (cf. Ya Basta précédent, communiqué zapatiste), ainsi que le manque d'une instance de médiation (la CONAI s'étant dissoute en juin dernier). Elle fait aussi savoir qu'elle entend parler des prisonniers zapatistes, et que pour cela certains de ses membres ont été visiter la prison de Cerro Hueco (près de la capitale Tuxtla Gutiérrez) pour s'informer auprès des prisonniers de leur situation juridique, et aider à ce que leurs cas soient résolus. 

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  • Deux agents de la police judiciaire ont été blessés dans une embuscade, dans la municipalité de Tecpan de Galeana, dans la Sierra du Guerrero. La patrouille de six agents, qui circulait à bord d'une camionnette, n'a pas pu voir les agresseurs, mais les autorités font savoir que dans cette zone opèrent aussi bien l'EPR, l'ERPI que les narcotraficants. 

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