14 novembre
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Le député du PRD et membre de la COCOPA Gilberto Lopez y
Rivas déclare qu'il est "inadmissible" qu'il continue d'y avoir
des patrouilles militaires et des barrages autour des communautés
zapatistes de La Realidad, La Garrucha et Oventic, d'où doivent
partir les délégations zapatistes pour la rencontre des 20
et 22 novembre prochain. Il ajoute que la COCOPA est inquiète de
ne toujours pas avoir de réponse du ministère de l'Intérieur
à propos des mesures devant garantir la sécurité des
zapatistes.
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Dans un communiqué, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé
de Las Casas répond à l'annonce faite par le gouverneur du
Chiapas d'une "loi de désarmement" pour démanteler les groupes
paramilitaires (cf. 9 novembre) : ils rappellent que "la violence (...)
provoquée par les groupes paramilitaires a fleuri malgré
le nombre exagéré de soldats et de policiers" présents
sur le territoire, et estiment que "si la présence de dizaines de
milliers de soldats et de policiers ne suffit pas à désarmer
les groupes paramilitaires en question (...) la création d'une «police
rurale» n'aura aucun impact sur la désarticulation de ces
groupes, mais par contre elle pourra aiguiser les tensions en allant grossir
les rangs des corps de sécurité déjà gravement
mis en question pour leur inefficacité et dans certains cas leur
franche complicité". Ils rappellent encore que "le démantèlement
des groupes paramilitaires implique qu'on rende publiques les complicités
qui existent entre ces groupes et certains partis politiques ou certains
fonctionnaires publics, complicité qui permettent l'impunité
de ces groupes". Ils concluent : "l'existence des groupes paramilitaires
est subrepticement liée au parti officiel et à votre gouvernement,
il s'agit d'une stratégie fratricide de contre-insurrection".
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Le gouverneur du Guerrero Angel Aguirre Rivero déclare que les dirigeants
des groupes armés qui opèrent dans son état (EPR et
ERPI) agissent depuis Mexico, où ils recrutent dans les universités
publiques. Il a rejeté toute idée de négociation avec
les rebelles, qu'il a qualifiés de «délinquants de
droit commun», ajoutant ne pas connaître leurs revendications
[que ces groupes ont pourtant publié : M. le gouverneur ne sait
sans doute pas lire, NdC].
15 novembre
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Felipe Arizmendi, évêque de Tapachula (Chiapas), appelle l'EZLN
à accepter une négociation directe avec le gouvernement.
Il estime que les rencontres avec la société civile "peuvent
aider, mais ne sont pas fondamentales", parce que "le conflit principal
est entre le gouvernement et l'EZLN".
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Mireille Roccatti, présidente de la Commission Nationale des Droits
Humains (CNDH, organisme gouvernemental) déclare que la pauvreté
extrême est à l'origine du soulèvement armé
du Chiapas [pour commentaire, cf. Ya Basta précédent, 5 novembre].
Elle ajoute qu'au niveau international, le conflit a "réveillé
l'idéal libertaire promu par Che Guevara et les mouvements de guérilla
d'Amérique Centrale", et que cela "justifie les restrictions que
les autorités mexicaines ont mis en place vis à vis des visiteurs
étrangers".
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Guerrero : de source policière, l'armée rechercherait dans
plusieurs municipalités de la côte un groupe de guérilleros
qui aurait pour projet d'assassiner le candidat PRIiste au poste de gouverneur.
Les autorités locales démentent, et justifient l'inhabituelle
mobilisation militaire dans cette zone par une opération anti-narcotrafic.
16 novembre
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Le ministère de l'Intérieur annonce que le gouvernement fédéral
accordera "les facilités nécessaires pour garantir le transit
des participants à la réunion des 20 et 22" entre l'EZLN
et la COCOPA, et qu'il a sollicité la participation de la Croix
Rouge Internationale pour assurer la sécurité des délégués
zapatistes.
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L'évêque de San Cristóbal Samuel Ruíz García
fait savoir qu'à trois jours de la venue des délégués
zapatistes dans sa ville, il n'a pour l'instant observé aucune diminution
de la mobilisation militaire dans les Altos, le nord du Chiapas et la Selva.
Il est néanmoins optimiste, et pense que la rencontre va tout de
même avoir lieu, et qu'elle constitue un pas en avant et un espoir
de paix.
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Le Congrès local chiapanèque élu le 4 octobre dernier
est entré en fonction malgré les demandes d'invalidation
du scrutin faites par le PRD (cf. Ya Basta n°81, 5 octobre 98). Il
sera présidé par Jose Antonio Aguilar Bogedas, qui était
jusqu'à présent le dirigeant du PRI chiapanèque.
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Le Comité Directeur du PRI chiapanèque accuse Pablo Salazar
Mendiguchía (parlementaire PRIiste et membre de la COCOPA) de "déloyauté
envers le Parti" pour les positions indépendantes qu'il a défendues
concernant le conflit au Chiapas (cf. Ya Basta n°83, 29 octobre 98),
et menace de l'exclure de ses rangs.
17 novembre
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La Jornada publie sur deux jours (hier et aujourd'hui) un long interview
du sous-commandant Marcos, dans lequel ce dernier analyse la situation
politique actuelle, la situation du mouvement zapatiste, ses espoirs et
ses erreurs. Marcos rappelle qu'un tournant fondamental s'est produit dans
la vie de l'EZLN quand, bien avant l'insurrection de 1994, le petit groupe
d'insurgés qu'ils formaient a pris contact avec les communautés
indiennes : "les insurgés (...) ont du apprendre, non seulement
à parler avec les mots des communautés indiennes, mais aussi
à écouter. C'est cela le principal apport des communautés
à l'EZLN, et ce qui l'a constituée définitivement.
(...) Cette capacité à entendre a été fondamentale
à partir du 12 janvier 1994 [date des premiers dialogues avec le
gouvernement, NdT]. L'EZLN démontre qu'elle sait écouter
ce qui se passe au dehors, et qu'elle sait que le moment est venu de passer
à autre chose que la voie armée. (...) Lorsque l'EZLN a fait
son apparition le 1er janvier 1994 elle se trouvait dans une position où
elle ne pouvait pas parler. (...) Ce jour-là nous nous sommes rendus
compte que nous pouvions parler, que nous pouvions gagner un espace pour
être entendus. (...) Ce processus n'existait pas avant 94 (...)
Les choses ont pu avancer grâce au dialogue avec la société
civile (...) Nous pensons qu'il est toujours possible d'ouvrir cet espace
de dialogue (...), sinon, nous serions en train de faire le coup de feu
! Mais ce dialogue, ce processus de construction d'alternatives nouvelles
pour permettre la participation des gens ne viendra pas du gouvernement,
et ne se fera pas avec lui. Pas avec celui-ci, en tous cas !"
A propos des erreurs commises par l'EZLN, Marcos mentionne surtout
"beaucoup de jugements hâtifs, concernant les forces politiques en
présence, pas seulement les partis, mais aussi les organisations
sociales, l'Église, l'armée, les médias (...) dont
nous avons jugé, bien souvent de manière injuste et précipitée,
les positions, les déclarations et les actes". Marcos précise
que cela est surtout vrai pour le PRD (opposition de gauche) "mais aussi
pour tout ce qu'on pourrait appeler la gauche radicale (...) y compris
l'apparition de nouveaux groupes comme l'EPR ou l'ERPI", ainsi que certains
secteurs du PAN ou du PRI.
Au journaliste qui lui demande si le silence de plusieurs mois
observé par l'EZLN de mars à septembre 1998 n'a pas été
aussi une erreur, en permettant au discours gouvernemental de s'installer
dans le vide laissé par les zapatistes, Marcos répond : "cela
nous a affecté politiquement, mais les bénéfices que
nous en avons tiré ont été plus importants que le
préjudice (...) Nous disions «telle est notre position»,
et nous jugions inutile de la répéter encore et encore ;
alors nous nous sommes tus. (...) Nous savions que le gouvernement et d'autres
acteurs allaient occuper l'espace, mais nous savions aussi que cela avait
ses limites : tôt ou tard le discours allait se heurter à
la réalité. (...) Le coût le plus important est que
nous avons perdu contact avec la société civile. Quand nous
avons rompu le silence, il a fallu renouer les liens. Nous y sommes arrivés
en partie, mais pas totalement". Cependant Marcos assure qu' "après
cette période de silence, nous sommes plus forts (...) parce que,
quand l'EZLN s'est tue à l'extérieur, elle a intensifié
son travail à l'intérieur, pour renforcer la cohésion
de ses bases et diffuser son message politique dans des territoires voisins.
Ce que théoriquement fait une armée qui gagne du terrain
en occupant militairement des territoires, nous l'avons fait en nous étendant
par le discours politique".
A propos de la Consultation sur le projet de "loi indienne",
dont l'organisation doit être discutée lors de la prochaine
rencontre avec la société civile, Marcos explique que les
zapatistes y mettent tous leurs espoirs : "nous voudrions que la Consultation
soit surtout une mobilisation (...) que ce ne soit pas l'EZLN qui dise
«nous allons faire ça, allez-y !» comme ça a
été le cas pour la consultation d'août 95, mais que
le plus grand nombre possible de gens et de secteurs s'y investissent.
Nous pensons que ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement la question
indienne, mais une autre relation entre gouvernants et gouvernés.
(...) Il s'agit d'ouvrir un espace d'insurrection sociale, civile, pacifique
(...) de faire un pas de plus de cette nouvelle façon de faire de
la politique, quand la société dit : «je dois me faire
entendre de manière plus directe, et non plus seulement par la démocratie
représentative»". Marcos ajoute qu'alors la classe politique
devra "ou bien apprendre à écouter et à agir en conséquence,
ou bien disparaître et être remplacée par une autre
classe politique qui comprenne cela". "C'est la charnière qui manque
à la consultation sur le Fobaproa. Dans la consultation qu'a fait
le PRD, trois millions et demi de personnes ont dit : «voila notre
position par rapport au Fobaproa». Mais il manquait la question :
qu'allons nous faire de ces trois millions et demi d'opinions ? (...) Elles
sont bien réelles, mais où jouent-elles ? comment pèsent-elles
dans la balance politique ?".
A propos d'une éventuelle reprise du dialogue, Marcos
réaffirme que la balle est dans le camp du gouvernement : "Nous
avons posé cin
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conditions, qui se résument à une seule question : est-ce
que toi, gouvernement, toi, Zedillo, tu es prêt à assumer
toutes les conséquences d'une issue pacifique au conflit ? Cela
veut dire respecter ce qui a été signé, abandonner
toute idée de solution militaire, être prêt à
résoudre les problèmes économiques et sociaux fondamentaux
des groupes concernés". Il dément au passage certaines accusations
faites aux zapatistes, comme quoi ils chercheraient à gagner du
temps, dans l'espoir que Cárdenas arrive au pouvoir en l'an 2.000
: "la question n'est pas de savoir si c'est le PRI, le PAN ou le PRD qui
va l'emporter, mais de savoir si la classe politique est prête à
s'attaquer aux problèmes", lesquels sont "la transition à
la démocratie, la transformation du modèle économique,
et régler les questions en suspends dans l'histoire de ce pays,
entre autres la question posée par le mouvement indien, mais pas
seulement celle-là, aussi celle posée par les mouvement des
femmes malgré les avancées, et celle, à peine naissante,
des homosexuels et des lesbiennes. Et manque encore celle de l'enfance".
"La question n'est pas de savoir qui va être président, mais
quelles relations politiques vont se mettre en place (...). Les gens doivent
construire un espace pour se protéger de cette guerre, construire
un autre type de relations, et cela a à voir avec l'idée
de consultation, le processus de paix, le modèle économique...
les gens sont capables de cela, et de bien davantage".
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Interviewés séparément, le PRDiste Carlos Payán
Velver et le PRIiste Luis H. Alvarez (tous deux membres de la COCOPA),
ont estimé que les propos de Marcos selon lesquels les zapatistes
n'ont pas renoncé au dialogue étaient un signe encourageant,
et donnaient à la COCOPA l'espoir d'une reprise du processus de
paix. Ils ajoutent qu'ils n'attendent pas de miracle de leur prochaine
rencontre avec l'EZLN mais qu'ils s'y rendent "avec beaucoup d'enthousiasme",
et que "si ça avance un petit peu, ce sera suffisant" (Payán
Velver). Il faut dire que la plupart des parlementaires qui forment l'actuelle
COCOPA ont été nommés suite aux élections législatives
de juillet 97, et n'ont donc jamais rencontré l'EZLN (le dialogue
ayant été suspendu par l'EZLN en septembre 1996).
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Les autorités militaires chiapanèques annoncent que tous
les barrages routiers vont être levés sur les routes que doivent
emprunter les délégués zapatistes pour se rendre à
la rencontre avec la COCOPA, et que les troupes resteront dans les casernes
jusqu'au 23 novembre, date prévue du retour des délégués
dans leurs communautés. D'autre part, la Croix Rouge Internationale
a commencé à travailler à l'organisation des cordons
de sécurité et des caravanes qui accompagneront les zapatistes
pour leur trajet aller et retour. 2.000 personnes devraient être
mobilisées pour assurer la sécurité de la rencontre.
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Devant l'assemblée plénière du Sénat, le "Groupe
Galileo", courant critique interne au PRI, et dont Pablo Salazar Mendiguchía
fait partie, lui apporte tout son soutien, et condamne les pressions et
les tentatives de "lynchage politique" dont il fait l'objet de la part
du PRI chiapanèque (cf. 16 novembre). Selon le "Groupe Galileo",
la résolution du Comité Directeur du PRI chiapanèque
est contraire aux statuts du Parti, et les instances locales n'ont aucun
pouvoir de décider d'exclusion de quiconque. Ils ajoutent qu'il
est "sain qu'il y ait différentes positions à l'intérieur
du PRI", et qu'il faut que celles-ci soient discutées.
-
D'autre part, le "Groupe Galileo" a présenté au Sénat
une étude de 1.300 pages sur la situation au Chiapas, qui conclut
que la gouvernabilité de l'état ne résultera pas obligatoirement
de la défaite ou du désarmement de l'EZLN, mais seulement
d'un nouveau pacte social fondé sur la reconnaissance des communautés
indiennes et la réconciliation de tous les secteurs sociaux. Le
rapport appelle aussi à une "nouvelle politique nationale vis à
vis du Chiapas".
18 novembre
-
Pour célébrer les 15 ans de l'EZLN (dix ans de préparation
silencieuse, et cin
-
de guerre), et le départ des délégués pour
la rencontre de San Cristóbal, les bases d'appui zapatistes ont
organisé de grandes fêtes dans plusieurs Aguascalientes. A
La Realidad, des centaines d'indiens tojolabales de la région ont
participé à un bal, et écouté un message des
insurgés, un du Congrès National Indien et un autre du Front
Zapatiste, ainsi que des messages des groupes de jeunes et des groupes
de femmes. Il y a aussi eu une représentation de théâtre
et des chants. A Oventic, mille indiens ont donné une représentation
théâtrale en tzotzile, retraçant l'histoire de l'EZLN
depuis sa fondation jusqu'en 1994. La représentation a duré
6 heures, en présence de 4.000 spectateurs.
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En Espagne, le Parti Populaire (parti de droite, héritier du franquisme,
au pouvoir) a fait adopter par les députés une motion de
soutien au gouvernement du Mexique, dans le cadre des négociations
de l'accord de libre échange. Il s'agit, explique-t-on, de "compenser
les critiques dont on a abreuvé le gouvernement mexicain depuis
le massacre d'Acteal".
19 novembre
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Arrivée à San Cristóbal de la délégation
zapatiste, en trois convois totalisant 29 personnes : le premier groupe,
en provenance de La Garrucha (municipalité d'Ocosingo), est emmené
par le comandant Zebedeo. Il est composé de 11 personnes, dont deux
femmes. Le second groupe, qui vient d'Oventic (municipalité de San
Andrés Larráinzar), comporte 11 personnes, dont 3 femmes.
Il est coordonné par le commandant David. Le dernier groupe, en
provenance de La Realidad, est composé de sept personnes, dont aucune
femme. A sa tête, le commandant Tacho et le major Moises, décrit
par la presse comme très proche de Marcos. Il semble bien que ce
dernier n'assistera pas à la rencontre. Moises est le seul membre
de la délégation à faire partie de la hiérarchie
militaire de l'EZLN, les autres étant des "commandants", c'est à
dire des cadres politiques du Comité Clandestin Révolutionnaire
Indien (CCRI, l'organisation politique qui dirige l'EZLN ; Marcos a toujours
expliqué ainsi son titre de "sous-commandant" : bien que chef militaire,
il reste sous l'autorité politique des commandants du CCRI). Ont
peut aussi noter, outre la faible représentation des femmes [camarades,
encore un effort pour être égalitaires !...], que Tacho, David
et Zebedeo sont des commandants connus et importants, et qu'avec Moises,
ils ont tous participé au Dialogue de San Andrés (mars 95
- septembre 96). C'est donc bien une délégation expérimentée
et de haut niveau que le CCRI a envoyé.
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La commission d'organisation de la rencontre entre l'EZLN et la société
civile dénonce que les convois transportant les zapatistes ont subi
des provocations et des intimidations de la part des autorités :
le convoi d'Oventic a été arrêté à un
barrage militaire à San Andrés Larráinzar, et des
soldats ont essayé de noter les numéros des plaques d'immatriculation
des automobiles. Un peu plus loin, une voiture de police s'est insérée
dans le convoi entre le véhicule de la Croix Rouge Internationale
et ceux des accompagnateurs de la société civile, les bloquant
pour les faire ralentir jusqu'à leur faire perdre de vue le fourgon
de la Croix Rouge transportant les délégués. Le convoi
en provenance de La Garrucha a subi le même accueil de la part de
la police. D'autre part, la commission d'organisation dénonce que
depuis quelques jours, elle est sujette à des coupures d'électricité
ou de téléphone répétées et inexpliquées,
qui la gênent dans son travail...
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La COCOPA fait savoir que parmi les problèmes qu'elle voudrait résoudre
avec l'EZLN, il y a celui d'un canal de communication stable (cf. Ya Basta
précédent, communiqué zapatiste), ainsi que le manque
d'une instance de médiation (la CONAI s'étant dissoute en
juin dernier). Elle fait aussi savoir qu'elle entend parler des prisonniers
zapatistes, et que pour cela certains de ses membres ont été
visiter la prison de Cerro Hueco (près de la capitale Tuxtla Gutiérrez)
pour s'informer auprès des prisonniers de leur situation juridique,
et aider à ce que leurs cas soient résolus.
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Deux agents de la police judiciaire ont été blessés
dans une embuscade, dans la municipalité de Tecpan de Galeana, dans
la Sierra du Guerrero. La patrouille de six agents, qui circulait à
bord d'une camionnette, n'a pas pu voir les agresseurs, mais les autorités
font savoir que dans cette zone opèrent aussi bien l'EPR, l'ERPI
que les narcotraficants.
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