fermer la fenêtre
Retour à la page principale
Ya Basta


Barrage de Gardes mobiles (granaderos) à Fuentes del pedregal le 12 août.

Regain de tension au Chiapas

Depuis le 12 Août dernier, 550 soldats (des troupes délite et de la police militaire) font le blocus de Amador Hernandez, (situé près de Ocosingo) et l’ont encerclé de barbelés. C’est l’invasion ! l’armée continue inexorablement son avance à petits pas sous des prétextes tous plus futiles et mensongers les
uns que les autres, mais ils vont arriver à leurs fins et les communautés zapatistes vont être complètement sous état de siège.


Rapport du Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas.
Climat de guerre à l’ejido Amador Hernandez

Le 18 août 1999, le Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas a reçu une plainte à propos de violations présumées des droits humains qui se seraient produites dans l’ejido Amador Hernandez, municipalité d’Ocosingo, lors d’une incursion de l’armée mexicaine. Cette plainte nous a été présentée par le commissaire de l’ejido Manuel Clara Hernandez.
Trois jours plus tard, trois membres du Centre se sont déplacés sur le lieu des faits afin d’enquêter et de se documenter sur ces supposées violations des droits humains. Ils constatèrent les faits suivants :
1. Des membres de l’armée mexicaine occupent une partie de l’ejido Amador Hernandez sur une superficie d’un hectare environ. Ils l’ont encerclé et bouclé avec du fil barbelé.
2. Par cette action l’armée mexicaine a coupé le chemin menant à San Quintin.
3. Un champ de maïs a été détruit sur un rayon d’environ 300 cents mètres suite aux nombreux atterrissages d’hélicoptère. Le toit de paille d’une maison a été détruit pour la même raison.
4. Selon de nombreux témoignages, les habitants de la communauté ont été agressés par l’armée mexicaine avec des gaz lacrymogènes, le samedi 14 août. 8 personnes ont été blessées (5 femmes, 2 hommes et un observateur).
5. La vie de la communauté est très perturbée par la menace que représente la présence de l’armée : la liberté de circuler pour les habitants a été entravée, les hommes ne peuvent plus aller cultiver leurs champs, ce qui amplifie les dommages subis sur leur propriété. Les femmes et les enfants, principalement, sont terrorisés par la présence des militaires et par les survols constants des hélicoptères militaires.
6. D’autre part, nous avons pu constater que l’armée mexicaine, qui selon les autorités, a aussi des activités de protection de la nature, jette ses ordures n’importe où et pollue l’environnement.

Il résulte des faits cités précédemment, que l’armée mexicaine a pratiqué diverses violations des droits humains, en transgressant entre autres, les dispositions contenues dans le code de justice militaire du chapitre « envers les personnes » et les garanties consignées dans l’article 16 de la constitution où il est dit que « personne ne peut être privé de la vie, de liberté, ni ne peut être molesté sans un mandat écrit par les autorités judiciaires ».
Vu les faits énoncés précédemment et à la demande des autorités de l’ejido, les représentants du Centre se sont présentés aux personnels de l’armée mexicaine pour leur demander de manière verbale de nous informer sur l’existence d’un mandat écrit en leur possession tel que l’exige l’article 16 de la constitution. Ce document ne nous a jamais été présenté, de plus, il faut souligner que malgré la présence de tant de personnel de l’armée, ainsi que d’officiers, personne n’a daigné nous répondre ni nous adresser la parole, montrant ainsi un insultant manque de respect à la dignité de citoyen et un mépris total de la constitution, en particulier du droit de demander des justifications consigné dans l’article 8 de la constitution mexicaine.

Au vu de ce qui précède :

1. Nous déclarons que l’on ne peut croire les déclarations répétées des autorités fédérales et de l’état, des civils et des militaires lorsqu’elles disent que l’armée agit dans le strict cadre de la loi. Au contraire, ce sont plutôt les violations des garanties individuelles qui abondent.
2. Le gouvernement de l’état de Roberto Albores Guillen a fait approuver une série d’initiative de loi avec lesquelles il prétend répondre à la demande de législation sur les droits indigènes ainsi qu’aux accords de San Andrès (parmi lesquelles sa proposition de remunicipalisation). Nous sommes très préoccupés de constater qu’au Chiapas, non seulement, on ne répond pas aux demandes des droits indigènes mais que l’on ne tient même pas compte des anciennes garanties incluses dans la constitution de 1917.
3. Dans le cas présent, les autorités ont déclaré que la présence de l’armée a pour but de protéger une entreprise de construction de routes. Il y a quelques jours, l’entrée de cinq milles soldats dans la Selva Lacandone a été justifiée par un programme de reforestation. En d’autres occasions, il est dit que l’armée fait un travail social et on nous dit que les innombrables barrages sont là pour faire appliquer la loi sur les armes et explosifs. Les prétextes varient (comme leur degrés d’invraisemblance) mais la seule et unique constante est l’inexorable avancée de l’armée sur le territoire chiapanèque et dans les communautés.
4. On peut sérieusement remettre an question une politique de travaux publics qui ne fait pas ce que demande le peuple mais qui au contraire, va jusqu’à utiliser la force armée pour faire ce que la population ne veut pas.

Aux autorités civiles et militaires :
Nous exigeons le retrait immédiat de l’armée, des terres de Amador Hernadez, et le paiement des dommages causés tant au patrimoine individuel que collectif.
Nous exigeons l’abandon de la politique militariste et le retour à l’état de droit en respectant les droits humains et les garanties individuelles.
Et,
A la société civile :
Qu’elle tourne son regard vers ce qui se passe au Chiapas et qu’elle exige du gouvernement l’arrêt de sa politique militariste et le retour à la table du dialogue et de la négociation.

Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas.
 
 

Communiqué de l'EZLN.

Comité clandestin révolutionnaire indigène – Commandement général de l’armée zapatiste de libération nationale, Mexico.
22 août 1999.

Aux peuples du Mexique
Et aux peuples et gouvernement du monde entier.

Frère :

Ce matin du 22 août, à l’aube, les troupes de l’armée fédérale, de la police et des paramilitaires priistes ont coupé la route menant à la Réalidad.
Ces barrages se situent au niveau du village de El Momon, San José, El Eden, Ojo de Agua, Santa Ana. Des tranchées ont été creusées, des arbres ont été abattus et des pierres ont été posées sur la route.
Les paramilitaires sont restés surveiller le blocus en empêchant le passage de quiconque.
Nous nous attendons, d’un moment à l’autre, à l’attaque de La Réalidad. Le dernier rapport que nous avons reçu du sous-commandant Insurgé Marcos ce matin signale une intense mobilisation militaire, terrestre et aérienne dans les alentours de l’Aguascalientes de La Réalidad.

La guerre continue.

C’est tout pour l’instant.

Démocratie, liberté et justice.

Pour le Comité clandestin révolutionnaire indigène -commandance générale de l’armée zapatiste de libération nationale.

Signature : Commandant David, Moises, Daniel, Felipe, Rafael.
 
 

fermer la fenêtre