Situation critique à San Andrès.
Ci-dessous un texte de la Caravane Civile d'observation.
La présidence de la municipalité Autonome
de San Andrés Sakamche'n de los Pobres a été évacuée
7 avril 1999
Une opération de plus de 300 hommes de la Sécurité publique a évacué ce matin la Présidence de la Municipalité de San Andrés, occupée depuis 4 ans par les autorités élues par les communautés et sympathisants de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale qui faisaient partie du Conseil Municipal Autonome.
Après l'action politique qui se passa sans incidents majeurs et sans détentions, le priiste Marco Díaz Nuñez prit posession des lieux comme Président Constitutionnel en présence du notaire publique Fernando Reyes Cortés et du secrétaire pour la Considération aux Peuples Indigènes Gustavo Moscoso Zenteno.
La police a cerné les lieux depuis 8 heures ce matin, accompagnée par quelques indigènes du PRI. Un veilleur seul se trouvait à l'intérieur des locaux de la Présidence Municipal et il n'opposa pas de résistance à l'action de la Sécurité publique. Tous les biens, papeterie, matériel de bureau, archives et les 4 véhicules du Conseil Autonome ont été saisis.
La communauté qui fut le siège du dialogue entre l'EZLN et le gouvernement fédéral du 20 avril 1995 jusqu'en Août 1996 se trouve maintenant sous le contrôle strict de la Sécurité Publique.
Une peur généralisée existe dans toutes les municipalités autonomes du Chiapas de crainte que de nouvelles opérations n'arrivent à leur encontre.
C'est la quatrième fois que le gouvernement d'Etat tente de démanteler l'organisation des communautés rebelles à travers leurs municipalités autonomes. La première fois, ce fut dans la communauté de Taniperla, municipalité autonome Flores Magón, en avril 1998, ensuite la municipalité Tierra y Libertad le premier mai 1998 et, en juin de la même année, une opération militaire et policiaire fit une incursion contre la municipalité San Juan de la Libertad laissant un bilan de 8 indigènes assassinés.
Caravane Civile d'Observation
Enlace Civil A.C.
C/ Ignacio Allende 4
29200 San Cristóbal de las Casas
Chiapas, México
DES MILLIERS DE ZAPATISTES ONT RECUPERE LA MUNICIPALITE AUTONOME DE SAN ANDRES
Aujourd'hui 8 avril dans la matinée, des milliers de sympathisants
zapatistes de Los Altos de Chiapas ont manifestés à San Andres
Sakamch'en de los Pobres et ont récupéré la Présidence
pour la Municipalité Autonome.
San Andres Sakamch'en de los Pobres, le 8 avril 1999
A L'OPINION PUBLIQUE
A LA PRESSE NATIONALE ET INTERNATIONALE
A LA SOCIETE CIVILE NATIONALE ET INTERNATIONALE
AUX PEUPLES ET GOUVERNEMENTS DU MONDE
Nous, les hommes et femmes, habitants de la municipalité de San
Andres Sakamch'en, conjointement avec d'autres frères des différentes
municipalités de Los Altos de Chiapas:
Aujourd'hui 8 avril 1999, nous sommes venus pour manifester nos plus
énergiques protestations et notre répudiation pour la sale
et honteuse action de Roberto Albores Guillen, gouverneur imposé
au Chiapas, pour avoir délogé nos autorités élues
démocratiquement par la majorité et pour avoir démantelé
notre municipalité hier 7 avril de la présente année.
Albores a démontré une fois de plus devant la nation et devant le monde sa lacheté, sa mauvaise volonté, son cynisme et son attitude criminelle envers la paix désirée par tous les mexicains et le monde; Albores ne se fatigue pas de promouvoir et de provoquer la violence et l'affrontement pour répandre plus de sang indigène au Chiapas, bien qu'il essaye encore de masquer ses crimes et sa méchanceté en parlant de paix et de bien-être pour le peuple indigène.
Mais, au nom de la loi et de l'ordre, il incarcére et assassine des indigènes et des paysans, au nom de la paix et de la justice, il cherche la violence et les affrontements entre indigènes, au nom de la liberté et de la démocratie évacuée, il emprisonne et persécute les autorités élues démocratiquement par la majorité du peuple et impose les autorités priistes pour renforcer la division, pour former et alimenter les paramilitaires et provoquer ainsi violences et affrontements entre les communautés et municipalités indigènes, au nom de la paix et de la tranquillité, Albores "ment" à la nation et au monde en disant que tout est en paix.
C'est pourquoi nous sommes venus aujourd'hui dire à Roberto Albores, le criminel le plus sanguinaire de l'histoire du Chiapas, que la juste lutte des peuples indigènes ne pourra cesser sous la dictature et l'arrogance d'un gouvernement assassin, et que, bien qu'il dise beaucoup de mensonges et fasse beaucoup de promesses, il ne pourra convaincre ou acheter les peuples conscients. Les peuples indigènes conscients et disposés à lutter ne vont pas se décourager et se rendre pour des menaces et encore moins par la suppression d'un édifice ou en envahissant un morceau d'espace; parce que leur juste lutte n'est pas enfermée en 4 murs ni n'a de frontières, parce que leur cause est: la justice, la démocratie et la paix avec justice et dignité.
San Andres Sakamch'en est reconnu aux niveaux national et international comme symbole de l'espérance d'une paix avec justice et dignité pour le Chiapas et pour le Mexique, mais comme Albores et ses complices ne s'interressent pas à la paix, au bien-être et à la vie des peuples indigènes, il ne suffit pas à Albores d'avoir assassiné des dizaines d'indigènes et assassiné des centaines d'innocents; si la justice existait au Mexique, Albores et les autres ne devraient pas être libre et provoquer plus de violence, ils devraient être en prison pour les multiples crimes qu'ils ont commis envers les peuples indigènes.
Nous voulons dire aussi que cela nous peine beucoup qu'il y ait encore des frères indigènes qui se laissent utiliser et acheter par le gouvernement, des frères et des soeurs qui se laissent prendre pour un peu d'argent ou les promesses que fait le mauvais gouvernement et se rendent ainsi au pouvoir comme humbles serviteurs, mais reviennent prétentieux et furieux contre leurs propres frères de race, se faisant complices du mensonge et des crimes des mauvais gouvernants.
C'est pourquoi nous exigeons justice pour les multiples crimes commis par Roberto Albores et qu'il abandonne immédiatement notre Etat afin d'éviter plus d'écoulement de sang indigène au Chiapas.
A nos frères indigènes priistes et à leurs autorités, s'ils veulent vraiment la tranquillité de notre municipalité, ils doivent bien réfléchir à ce qu'ils font et doivent analyser les conséquences que cela peut apporter, mais qu'ils cessent de se faire prendre par les mensonges et les promesses d'un mauvais gouvernement ou de quelques uns de ses dirigeants priistes qui ne cherchent que leur bénéfice personnel.
Ce que vous avez fait en délogeant les autorités du peuple est une véritable provocation, si quelque chose de grave arrive dans la municipalité, vous serez directement responsables conjointement à un gouvernement assassin à qui vous vous confiez, mais si vous voulez être complice, alors en avant.
Mais n'oubliez pas que la justice ne se vend ni se s'achète avec de l'argent.
ATENTAMENTE
AGENTS MUNICIPAUX ET REPRESENTANTS DES MUNICIPALITES AUTONOMES DU CHIAPAS
Manuel Hernandez Hernandez
Manuel Gonzalez Gonzalez
Manuel Teratol Ruiz
Mario Santiz Gomez
Manuel Ruiz Lopez
Jose Ruiz Gomez
Aller à la : Page Principale