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Prologue Qu'est-ce que le néolibéralisme ? Comment nous affecte-t-il et quels dommages produit-il dans notre existence ? Que pouvons nous faire pour le supprimer ? |
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Dans le seconde quinzaine de juillet 1996, un peu plus de trois mille personnes de tous sexes, de toutes races, de toutes langues, et de presque toutes les couleurs politiques existant en ce monde se sont rendues au Chiapas dans le but de répondre à ces questions.
Les participants venus d'Europe ou des États-Unis ont retrouvé à San Cristobal de Las Casas plusieurs groupes latinoaméricains – parmi lesquels quelque 800 Mexicains – et diverses petites délégations qui représentaient – bien sûr sans titre officiel – les cultures d'Asie, d'Afrique et d'Océanie. Pour la première fois dans l'histoire des pauvres de la Terre, une armée paysanne, minuscule, absurde, formée d'indigènes analphabètes, est parvenue à réunir les esprits les plus généreux et féconds du moment dans le but de chercher ensemble, sur des cartes qui n'existent pas les routes maritimes qui n'existent pas non plus et qui, néanmoins, conduisent à ce petit territoire imaginaire qui s'appelle “le futur de l'humanité”, et dont les rives sont peureusement gardées par la stupidité. Cette stupidité qui asphyxie aujourd'hui la planète y a placé un écriteau, repris par tous les discours officiels : “Nous réservons le droit d'admission”. Du 27 juillet au 3 août, dans les cinq navires pirates baptisés Aguascalientes que les Indigènes rebelles avaient construits dans les montagnes du Sud-Est mexicain pour résister à l'offensive permanente de la faim et de la terreur, on a livré bataille avec l'arme puissante de la parole : convoquée par l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, s'est tenue la Première Rencontre intercontinentale pour l'humanité et contre le néolibéralisme, qualifiée par certains, à l'ère d'Internet, de rencontre intergalactique. Ceci est le livre de bord de cette première traversée. Il occupera sans aucun doute une place spéciale dans la jeune mais abondante bibliothèque zapatiste Jaime Avilés |
