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table n° 3
 

Discours du commandant Zebedo à la deuxième session.



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Il semble qu'aujourd'hui il y ait beaucoup de monde. Nous contribuons de notre mieux à la recherche de ce que nous n'avons jamais eu, surtout dans cette région, dans ce coin du Chiapas. Région du Mexique où nous n'avons jamais eu de communication. Je parle de radio, de revues, de journaux, de publications. Nous sommes très isolés, mais avec cette Rencontre, nous en savons plus et nous pensons que nous allons apprendre plus et mieux encore.
Nous, les indigènes, sommes très nécessiteux et avons besoin de votre contribution, de votre participation, de votre impulsion, vous qui êtes peut-être plus experts en cela. Nous avons peu de connaissances, mais nous avons envie de faire encore et de trouver, donc, cette nécessité.

De la forme prise dans les communautés
par la discussion et la participation aux assemblées
Dans la communauté, il faut être très attentif. Les camarades de la communauté sont attentifs à la parole de leur représentant et, une fois qu'ils l'ont écoutée, nous faisons également des groupes comme ici. Chacun discute pour savoir s'il est nécessaire de faire ce travail, ou de celui à faire en priorité, ou de celui qui est le plus important. Puis, après ce petit groupe, on se réunit de nouveau en assemblée plénière, et là – avec notre culture – nous ne sommes pas très "baratineurs". Bref, je ne sais pas si vous me comprenez, mais nous ne parlons pas beaucoup, nous sommes très concrets.
Une fois l'analyse faite en groupe, on va à l'assemblée pour prendre des décisions. Il n'est pas important de prolonger les discussions. Les membres de la communauté s'insurgent facilement lorsque quelqu'un prend la parole et qu'il s'éloigne du sujet. Dans ce cas, ils manifestent, ils crient et ne lui laissent pas la parole. Pourquoi ? Parce qu'ils croient qu'il sabote le sujet. Immédiatement, c'est l'autorité qui prend la parole et dit : "j'ai déjà exposé ce problème et je voudrais que vous me disiez si c'est bien et si le groupe est d'accord" ; la communauté demande aussitôt : "nous allons l'organiser" et les autorités programment la journée pendant laquelle sera effectué le travail. De cette façon, les accords aboutissent en deux ou trois heures et le lendemain, il est possible de travailler.
Ça, c'est ce que nous faisons et je peux vous raconter comment nous avons fait cet Aguascalientes. Nous avons convoqué toutes les autorités des communautés de la région. En quatre heures, nous sommes parvenus à un accord. Nous avons discuté de la façon de faire les repas ; les autorités elles-mêmes ont dit : "nous ne demandons pas de salaire. Nous allons venir travailler et le faire." Telle est notre culture. C'est notre façon de communiquer, c'est par ce mécanisme que nous agissons dans nos communautés.
J'espère vous avoir apporté quelque chose, que vous avez compris ce que je vous ai dit et veuillez m'excuser si je n'ai pas été assez clair, dans le cas contraire, considérez ceci comme une expérience. Si vous le ressentez ainsi, ici s'arrête mon discours.

Comment résolvez-vous le problème lorsque quelqu'un pense différemment ?

Bon, tout a été discuté dans les groupes et tout ce qui ne sert pas à la communauté a déjà été supprimé. L'assemblée plénière est là pour que la communauté prenne les décisions. Ce qui ne sert pas est laissé de côté et il n'est plus permis d'en discuter à l'assemblée. Les gens viennent directement prendre les décisions et réaliser les accords.
Dans notre culture, comme je vous le disais, nous n'utilisons pas beaucoup le mot discussion. Quelqu'un demande la parole et la grande majorité des communautés ne le permet pas. Si quelqu'un veut prendre la parole pour détruire ce que l'autorité a exposé, il est ignoré et on ne l'écoute plus. Ce n'est pas de l'autoritarisme, c'est pour le bien de la communauté. Il faut bien penser et tenir compte du fait que nous allons vers une construction et non vers une destruction.