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C . RÉPRESSIONS et D . RÉSISTANCES Antimilitarisme, écologie, prisons et asiles. La lutte pour les Droits de l'Homme. |
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Nous nous élevons contre le processus de militarisation que vivent actuellement le plus grand nombre des États qui composent la communauté internationale. Le processus de militarisation de la société civile qui se vit actuellement dans les villes et à la campagne porte atteinte aux acquis démocratiques et viole les libertés individuelles et collectives. Il entraîne des effets désastreux dans la vie quotidienne. Cette stratégie utilise les terrorismes ou les trafics de drogue comme excuses pour justifier ses interventions et se convertit, peu à peu en véritable terrorisme d'État, voire en "narco-politique". La principale conséquence de la militarisation réside dans l'augmentation des budgets militaires, réduisant d'autant les sommes destinées aux services et aux prestations sociales. Elle établit, en outre, le contrôle des populations par des fichiers électroniques et des vidéos : un contrôle d'identité arbitraire. L'armée s'ingère, de fait, dans le supposé maintien de l'ordre public dont la charge revient normalement aux polices locales ou municipales, pendant que celles-ci se voient structurellement chaque fois plus militarisées, ce qui entraîne la perte des droits civiques. Dans le cas du Chiapas, les paroles du commandant David décrivent bien la situation : "Le gouvernement a militarisé l'État du Chiapas. Le peu de terres dont nous nous occupons, où les communautés plantent leur maïs, sont envahies de chars et de campements militaires. Oventic est entouré de cinq casernes. Ils ont construit leurs camps sur le peu de terres que nous avons ..." "En outre, il y a la Sécurité publique, il y a d'autres groupes armés, les paramilitaires, les gardes blanches qui sont aussi indigènes et pauvres. Ils sont aussi armés et provoquent des violences dans les communautés. Ils disent avoir pour mission de maintenir l'ordre dans les villages, mais en fait ils cherchent ceux qui s'organisent dans les villages pour les tuer. Ils reçoivent une solde et des armes de la part du gouvernement et des riches éleveurs ... Ils sont très perfides avec les populations indigènes : ils leur ordonne de semer de la marijuana. Quand la plante pousse, ils reviennent et disent "vous voyez ici, il y a de la marijuana". Sous prétexte de la brûler, ils se mettent à ratisser les communautés indigènes." La militarisation des communautés produit des effets négatifs et répressifs : – Occupation des terres communales. – L'armée fédérale se conduit comme une armée étrangère d'occupation contre les communautés. – Harcèlement et contrôle total des communautés indigènes, empêchant toute tâche quotidienne en matière de justice, de santé, d'éducation, d'approvisionnement ou d'activité sportive. – Ils encouragent la culture du cannabis pour accuser ensuite les indigènes. – Prolifération de la prostitution et croissance de la consommation d'alcool, facteurs qui ont été déterminants dans l'histoire pour la destruction des communautés indigènes. – Usage de la violence physique et psychologique, vols, mises à sac, tortures et viols de femmes indigènes. – Création de groupes paramilitaires et de gardes blanches. PROPOSITIONS – Dénoncer systématiquement ces abus par tous les moyens à notre portée. – Promouvoir une meilleure connaissance de nos propres droits. Prisonniers politiques et sociaux, migrants et Droits de l'Homme A partir des politiques de sécurité publique, le néolibéralisme exerce ses activités de répression et de contrôle. La répression est mise en œuvre par les voies institutionnelles et au moyen d'une guerre de basse intensité. Elle impose des réformes constitutionnelles à tendances répressives aux noms de la sécurité publique, de l'état de droit et de la préservation de la paix sociale. L'appareil de domination s'accorde le pouvoir de châtier une délinquance que lui-même génère, allant jusqu'à la peine de mort en passant par des sanctions extrêmement sévères. Des procédés judiciaires qui bafouent les droits civiques et politiques justifient, un peu plus tard, la négation des droits les plus élémentaires envers ceux qui ont été privés de liberté. Qui a donné le pouvoir à l'État de nier les Droits de l'homme qui sont inhérents aux hommes et aux femmes ? Le néolibéralisme libère la circulation des marchandises et restreint la circulation des personnes : les travailleurs. Les gouvernements des pays riches sont responsables de la misère des migrants qu'ensuite ils persécutent. Ceux-ci ne sont pas seulement victimes de la violence dans le pays vers lequel ils fuient, mais aussi sur le chemin vers ce pays. PROPOSITIONS – Pour la reconnaissance du caractère de prisonnier politique et contre sa réduction au statut de prisonniers de droit commun ou de terroristes. – Contre l'utilisation de prisonniers politiques comme otages. – Contre la répression des militants politiques par la déportation, l'expulsion, l'extradition, l'exil et le confinement dans des pays tiers. – Contre le rapt, la torture et la disparition de ceux que l'on poursuit politiquement. – Nous dénonçons la répression institutionnalisée contre des groupes ethniques, étrangers, immigrants et les vagues fascistes qui surgissent en conséquence des politiques racistes et excluantes des gouvernements. A propos des interventions psychiatriques (hôpitaux, asiles et autres castrations) Le principal territoire de conquête et de colonisation du capital est le corps humain. L'emploi de produits pharmaceutiques, d'électrochocs et de la lobotomie sont aujourd'hui pratique courante dans les hôpitaux psychiatriques ; ils représentent un des plus hauts niveaux d'intervention violente sur les corps. Les prétendues "sociétés avancées" créent leurs propres maladies. Il est nécessaire de mettre en question notre manière de voir les maladies mentales. Les supposés malades mentaux, schizophréniques, etc. sont le reflet d'une société malade. Beaucoup parmi eux n'ont pas pu tolérer la frustration de vivre dans une société déshumanisée, qui convertit tout en marchandises et en choses. Beaucoup de ceux qui ne sont pas d'accord deviennent des victimes et sont catalogués comme "fous" ou malades mentaux. Ils sont enfermés contre leur volonté et traités comme une gêne sociale. Ils sont enfermés pour s'être rebellés contre un système injuste, une famille castratrice ou parce qu'ils représentent un obstacle aux intérêts économiques d'un puissant quelconque. Personne ne doit subir une intervention dans son propre corps sans avoir exprimé son consentement. Personne ne doit se voir obligé de devenir normal, ni d'être d'accord. Chacun a le droit de prendre la parole et d'être écouté dignement, en tant qu'être humain. Nous appelons à lutter pour la disparition des sanatoriums judiciaires où les détenus politiques et sociaux souffrent doublement : par la prison et par la torture psychiatrique. Nous devons combattre l'usage de méthodes psychiatriques ou psychologiques appliquées aux contestataires, ou bien utilisées pour imposer des intérêts économiques ou politiques dans les guerres de basse intensité. Combattons tout type d'internement involontaire dans les hôpitaux psychiatriques ou autres institutions de ce genre. Luttons contre toute méthode psychiatrique ou psychologique qui porte atteinte à la dignité humaine. Luttons de toutes nos forces contre toute technique qui puisse atrophier la capacité de penser avec notre propre tête. Nous sommes également contre les techniques de manipulations psychologiques comme la "séduction subliminale", ainsi que toute autre façon de tromper les êtres humains. Mais surtout, nous invitons chaque individu à s'arrêter devant un miroir et à se rappeler que l'ennemi est aussi au dedans de nous. Si nous voulons changer le monde, rappelons-nous que nous sommes aussi le monde. N'oublions jamais que dans une société totalitaire, nous sommes tous exposés à être considérés comme "fous". Seuls l'amour, la solidarité, l'amitié et la communauté humaine peuvent nous sauver de l'isolement et de la solitude. La seule folie est l'isolement, la solitude. La seule folie serait de ne pas lutter ensemble, de nous isoler. PROPOSITIONS – La société civile que nous voulons n'est pas une forteresse, mais un espace ouvert, un seul monde dans lequel toutes et tous aient leur place. – La société civile que nous voulons n'est pas raciste, mais sociale et solidaire. – La société civile que nous voulons n'a pas besoin d'armée, pas même défensive ou préventive. La société civile que nous voulons est une société en paix. – La société civile que nous voulons n'a pas comme support une Terre-poubelle, un désert ou un espace nucléaire. La société civile que nous voulons est celle qui contemple notre planète comme la Mère qui génère nos vies. – La société civile que nous voulons n'est pas une société homogénéisée ou clonée, mais égalitaire dans ses différences, plurielle devant l'égalité et juste dans son savoir-faire. – La société civile que nous voulons est celle du partage des richesses, de l'emploi et des modes de production. C'est la société qui met "nous" avant "je", "le nôtre" avant "le mien", "être" avant "avoir" et "communautaire" avant "individuel". – La société civile que nous voulons n'est ni celle des mots inventés pour dominer ou pour dépouiller, ni celle des idées usées. La société civile que nous voulons est celle qui existe dans les mots LIBERTÉ, JUSTICE et DIGNITÉ. – La société civile que nous voulons n'est pas celle qui construit un nouvel ordre international sur les propositions économiques néolibérales. La société civile que nous voulons doit se fonder sur l'échange juste, égalitaire et alternatif qui permette de vivre dignement de son propre travail. – La société civile que nous voulons n'inscrit pas la femme à la marge, pas plus qu'elle ne la soumet à la précarité dans sa vie, dans la cohabitation, au foyer familial, ni au travail. – La société civile que nous voulons établit un traitement d'égalité et de partage entre les sexes. |
