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C. Que faire du passé ? Les idéologies. Les murs dressés par la chute du mur de Berlin |
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À cette table de travail ont participé 49 personnes d'Argentine, d'Uruguay, du Chili, des États-Unis, d'Allemagne, d'Angleterre, de Hollande, de Belgique, de France, d'Irlande, d'Écosse, de Suisse, d'Italie, d'Espagne, des Iles Canaries, du Mexique, d'Australie et de Sardaigne (les camarades des Iles Canaries et de Sardaigne ont demandé à être considérés comme citoyens de leurs propres nations, et non d'Espagne et d'Italie, respectivement).
La discussion a tourné autour de trois grands thèmes : • le néolibéralisme • la place des zapatistes et des autres alternatives révolutionnaires après la chute du mur de Berlin, • la démocratie que nous voulons. Le néolibéralisme. Dans les grands centres du pouvoir, on a dit qu'après la chute du mur de Berlin, il n'y avait plus qu'une voie possible pour le monde : celle du néolibéralisme. Mais, au contraire de ce que pensent et disent les puissants au pouvoir, cette voie est pavée d'inégalités accrues, d'une discrimination croissante, d'une haine sans limite et d'une répression quotidienne. Le néolibéralisme lève de nouveaux murs séparant les pauvres des riches et des puissants. Le néolibéralisme brandit triomphalement sa bannière de seule réponse sociale "qui marche" face à la frustration et à l'échec – certains disent même la déroute – des sociétés socialistes. Avec la crise du socialisme, le néolibéralisme a pu propager avec davantage de facilité des valeurs de l'individualisme, de la compétition, de l'accumulation privée de richesses, de la discrimination sociale et raciale ; le "succès" personnel avant le succès commun, l'intolérance culturelle et le mépris des droits les plus élémentaires de ceux qui ne possèdent rien. Les transformations accélérées et profondes occasionnées par le néolibéralisme, en particulier dans la structure du travail et plus généralement dans toutes les structures sociales, ont aggravé l'oppression patriarcale millénaire de la femme, renforçant sa discrimination et dégradant ses conditions de travail, tant au foyer qu'au dehors. Le néolibéralisme a rendu plus difficile son accès aux ressources matérielles, éducatives et culturelles ; il a davantage limité sa participation à la prise de décision et nié son autodétermination et son droit d'accéder aux instances de pouvoir. Le monde qui se crée avec le néolibéralisme, non seulement exproprie et concentre les richesses dans quelques mains, mais il prétend exproprier l'activité politique et affaiblir l'idéal démocratique. Le néolibéralisme est aujourd'hui le principal obstacle à l'approfondissement de la démocratie. Dans certains pays, le néolibéralisme est même la négation totale de la démocratie. Pour affronter le néolibéralisme, il faut ôter le pouvoir à l'État et aux grandes sociétés et renforcer la société civile ; dans la lutte contre le néolibéralisme, il faut aller plus loin que l'objectif de l'accroissement économique et la modernisation de la société, et dépasser la conception classique du progrès social : il faut concevoir une nouvelle forme de convivialité sociale qui inclut la valeur, vitale pour l'humanité, de la compréhension de la nature – par opposition à sa soumission. Chercher à construire d'une société nouvelle impliquera de dépasser toutes ces conceptions, même révolutionnaires, qui ont soutenu que la construction d'une société juste pour l'homme passait par la mainmise sur la nature. Après l'échec des sociétés modernes, qui n'ont su ni satisfaire les nécessités humaines, ni éviter la destruction de la nature, il est nécessaire de construire un type de société qui trouve comment satisfaire ces nécessités sans détruire le milieu naturel. Pour cela, il faut dépasser tout type de dogme, offrir une démocratie accueillante, où trouvent place les expressions des individus et des minorités, où la personne ne perd ni le sens du commun, ni l'autonomie. Dans cette démocratie d'ample participation sociale, construisant l'ensemble du processus vital de la société, les diverses formes d'autogestion et d'auto-organisation de la société civile devront avoir une place centrale. Ce n'est que par une démocratie ayant ces caractéristiques et permettant la diversité que l'on pourra proposer une solution alternative pour tous les exclus. A la recherche de ce monde, le zapatisme, après la chute du mur de Berlin, nous offre un nouvel horizon, avec le principe de "commander en obéissant". Nous autres, les révolutionnaires, nous devons construire des alternatives face à la religion de la propriété privée, de l'État répressif et des nationalismes impérialistes. Nous devons proposer une société contrôlée par les producteurs, où les diverses nations vivent en bonne entente et pratiquent la solidarité internationale, où il y ait pleine liberté d'expression et où l'on commande en obéissant. Cette démocratie se construit à partir de la base. Les chemins pour affronter le néolibéralisme et construire une démocratie intégrale, radicale, que l'on considère aujourd'hui comme une utopie, sont aussi variés qu'il y a de sociétés. Il y aura des endroits où les armes seront à la tête du processus de changement. Dans d'autres, ce sera une mobilisation importante de la société civile. Dans certains pays ou dans certaines régions, on combinera ces formes de lutte. Là où il n'y a pas de possibilité de réforme et de changement en douceur, la lutte radicale s'imposera. Ailleurs, la lutte privilégiera la défense des droits démocratiques fondamentaux, leur approfondissement et leur extension à tous. Mais ce qui est sûr, c'est que le changement ne pourra être complet que si les peuples des pays riches s'incorporent au processus. A partir de 1989, le néolibéralisme a renforcé son offensive sauvage contre les salariés, les paysans et toutes les personnes sans pouvoir, provoquant des rébellions et des résistances dans le monde entier ; néanmoins, celles-ci ont manqué de coordination et d'unité des forces politiques révolutionnaires. La fragmentation et la division pour des raisons d'ordre idéologique et politique ont empêché les mouvements révolutionnaires d'avoir la voix assez puissante et de s'identifier aux organisations politiques. Dans ce domaine, l'EZLN, qui, dans sa Quatrième Déclaration depuis la Forêt Lacandone, souligne la nécessité pour toutes les forces du monde de s'unir contre le néolibéralisme, fait figure d'exception. L'internationale de l'espérance, suggérée par les zapatistes, est un outil pour construire un monde dans lequel beaucoup de mondes aient leur place. La chute du mur de Berlin a une énorme signification pour tous les révolutionnaires du monde entier, mais elle peut s'interpréter de diverses façons. Parmi les leçons de cette chute, certains proposent de récupérer "les noyaux de vérité indiscutable", qui, même après l'échec des expériences, demeurent d'actualité. Dans cette ligne, il est nécessaire de continuer à penser à Marx, Lénine, Gramsci, Mao, Trotsky, au Ché Guevara et à d'autres révolutionnaires, parce qu'aucune proposition responsable de changement radical ne peut aujourd'hui ignorer les analyses et les leçons de ces révolutionnaires et des mouvement qu'ils dirigeaient. On doit utiliser la mémoire des mouvements passés. Néanmoins, il faut ouvrir les esprits aux nouveaux problèmes. En ce sens, une nouvelle idéologie révolutionnaire est nécessaire, car le socialisme démocratique demeure à l'ordre du jour. L'alternative au néolibéralisme est encore le socialisme, pas celui antérieur au mur de Berlin, mais le socialisme démocratique. Une démocratie conçue en accord avec les pensées fondamentales de Karl Marx. Néanmoins, un doute persiste. Comment récupérer les perspectives révolutionnaires des étapes historiques antérieures ? Devrons-nous reconstruire, repenser, reconceptualiser la pensée révolutionnaire ou bien en créer une nouvelle ? Est-il possible que les mouvements révolutionnaires postérieurs à la chute du mur de Berlin coupent tout lien avec la tradition antérieure ? Est-il possible de séparer la pensée révolutionnaire actuelle de la tradition marxiste, léniniste, maoïste, troskiste, guevariste ? Que peuvent récupérer les mouvements révolutionnaires contemporains, comme le zapatisme, de la tradition née avec Marx et apparemment terminée en 1989 ? Une autre lecture considère que la chute du mur de Berlin est un tournant après lequel on ne doit pas essayer de sauver les vieilles idéologies de gauche, mais de construire une idéologie substantiellement nouvelle. Des vieilles idéologies, la seule chose à apprendre est de ne pas répéter leurs erreurs. Certains modernistes considèrent même que les idéologies sont inutiles pour les changements révolutionnaires, et qu'il faut combattre les idéologies des classes dominantes et non renouveler la "religion" marxiste et les propositions "d'avant-garde". Aujourd'hui, pour une révolution radicale, on a besoin de pouvoir, mais pas du pouvoir ; on a besoin de dépasser les idéologies, voire d'avoir de l'idéologie, mais pas une idéologie. Nous devons bâtir les fondations de ce qui n'existe pas, et non pas rebâtir ce qui n'existe plus, et il nous faut donc abandonner l'idée de "recycler" des idéologies. De l'avis de beaucoup, le zapatisme est le meilleur exemple de nouvelle pensée révolutionnaire, qui ne doit ni ne peut se convertir en une nouvelle "idéologie officielle" des révolutionnaires, qui ne doit ni ne peut être institutionnalisée. La place des zapatistes après la chute du mur de Berlin. Le zapatisme a fait renaître l'espoir d'un changement profond. Avec le zapatisme s'annonce un nouveau cycle révolutionnaire dans le monde. L'EZLN démontre que les problèmes les plus profonds qui ont motivé la rébellion au Chiapas se retrouvent partout dans le monde, mais qu'ils se sont exprimés ici de façon particulière. Dans le zapatisme, il y a un principe contagieux, séduisant, valable pour tous : transformer la réalité. Mais le zapatisme est-il quelque chose de très nouveau, qui n'a rien à voir avec les vieux débats, ou bien prolonge-t-il les vieux débats ? Le zapatisme rejette-t-il tous les vieux concepts révolutionnaires ? On peut aussi se demander si le zapatisme, qui s'inscrit dans la tradition du zapatisme historique et des rébellions indiennes du Chiapas, peut donner une réponse correcte à des problèmes qui se posent dans un tout autre contexte. Comment pouvons-nous avec le ¡ Ya basta ! lancé le 1er janvier 1994 atteindre le niveau d'autres utopies révolutionnaires ? Est-il correct de situer les luttes des peuples du Chiapas au même niveau que celles menées en France, en Allemagne ou en Angleterre, pour donner trois exemples ? Est-il correct d'observer ce qui est commun entre les luttes sans voir les différences, ce qui est propre à chaque lutte ? Ne vaudrait-il pas mieux pour les luttes dans chaque pays apprendre ce qui les différencie ? En essayant de comprendre le zapatisme, ne sommes-nous pas en train de vouloir le faire entrer dans les schémas d'explications occidentales ? Car le langage poétique et allégorique des zapatistes est loin des "belles" théories occidentales. Car le zapatisme montre son originalité maximale par rapport à tout dogme quand il renonce à être maître de la vérité et accepte la vérité collective. Si le zapatisme ne doit pas être un nouveau modèle révolutionnaire, il propose une nouvelle utopie radicale et éthique. La démocratie radicale qu'il propose est un horizon pour nos luttes, parce que les zapatistes donnent à ce terme une profonde connotation morale et éthique d'honnêteté exemplaire. Le zapatisme est né des idéologies révolutionnaires antérieures, mais en y incorporant des éléments nouveaux, sans montrer de rigidité, comme l'ont fait d'autres idéologies révolutionnaires. Ce qui caractérise le zapatisme, c'est son ouverture à d'autres idéologies ; il est rafraîchissant parce qu'il n'est pas une idéologie officielle ; au contraire, il incorpore des nouveaux aspects dans une idéologie où entre beaucoup de monde et où l'on commande en obéissant. Le zapatisme est l'idéologie libre d'une culture particulière, qui a en commun avec d'autres idéologies révolutionnaires la recherche du changement ; il est si vaste qu'il embrasse toutes les vieilles idéologies révolutionnaires et leur ajoute quelque chose de nouveau. D'une certaine façon, le zapatisme n'est en rien original : il ne fait que synthétiser l'ancien et le nouveau. En ce sens, il apporte un ensemble conséquent d'idées pour la révolution dans le monde entier, tout en ayant déjà écrit un chapitre très important de l'histoire de la pensée révolutionnaire. Une autre approche des enseignements du zapatisme est de le voir comme un mouvement qui apprend du passé parce qu'il est nouveau. Par principe, le zapatisme ne se considère pas lui-même comme une idéologie fermée et voulant l'être. C'est l'une de ses grandes vertus. Il offre ses parois poreuses pour être imprégné des autres pensées. Il naît d'une culture liée à une forme de vie, et non d'une culture pré-établie ; politiquement, le zapatisme est un style d'action. Les idéologies ont tendance à se fermer et à se transformer en camisoles de force, alors que le zapatisme rompt avec les idéologies du passé. Son objectif de ne pas lutter pour le pouvoir le rend inassimilable à toute autre idéologie. Cette caractéristique est une proposition concrète, qui peut être reprise en toute autre partie du monde. Le zapatisme est surtout une unité collective créée par les communautés à partir de leur vie quotidienne et de leurs besoins, avec la démocratie comme point de référence. On s'accorde à reconnaître que le zapatisme apporte à la lutte révolutionnaire son opposition aux avant-gardes autoproclamées, l'anti-élitisme, les nouvelles formes d'organisation et de communication collective, la nouvelle politique de commander en obéissant, et l'incorporation définitive de deux nouveaux sujets révolutionnaires : les Indiens et les femmes. Son apport fondamental est que l'objet de la révolution n'est pas la conquête du pouvoir mais la construction d'une nouvelle forme de société coopérative et solidaire. En ce sens, le zapatisme remet en cause les vieilles pratiques sectaires, élitistes, verticalistes et bureaucratiques de la gauche, sujette aux ordres extérieurs des internationales communiste ou social-démocrate. Par ses actes, le zapatisme est à l'avant-garde du mouvement révolutionnaire mondial, mais il ne s'autoproclame pas comme tel. Dans ses communautés, il a appris à ne s'imposer à personne et à s'en tenir à ses nécessités, à ses formes de communication et à sa symbolique. L'expérience zapatiste montre la nécessité de construire des États pluriculturels. Avant la chute du mur de Berlin, les autocritiques et les critiques des expériences de construction socialiste ont été insudffisantes, ce qui signifie que le mouvement révolutionnaire mondial a vécu des décennies de confusion. Avec l'EZLN, commence un processus où l'on recommence à penser aux alternatives révolutionnaires. Il montre la pertinence de construire un mouvement de type nouveau, qui se rebelle contre le néolibéralisme, comme le ¡ Ya basta ! du 1er janvier 1994, qui revendique le droit d'être individu dans une communauté, en plein exercice de la démocratie. Néanmoins, il est primordial d'apprendre des expériences internationales antérieures. Après la chute du mur de Berlin, il ne faut pas tomber dans la tentation d'importer des modèles révolutionnaires. Il ne faut pas tomber dans l'erreur de créer de nouvelles Internationales, comme celles d'hier, avec une direction centralisée et institutionnalisée. L'internationale de l'espoir peut être définie comme la coordination de mobilisations et l'approfondissement de débats se déroulant à l'autre bout du monde. Cette internationale devra être ouverte à tous : majorités et minorités politiques, idéologiques, culturelles, ethniques et sexuelles, qui luttent pour la transformation de ce monde. Cette internationale pourrait aussi s'appeler "réseau de solidarité international", peu importe le nom ; il ne s'agirait pas d'une organisation rigide mais d'une internationalisation des espoirs, de l'échange de projets concrets immédiatement réalisables, et de l'appui aux autres luttes du monde. Ces réseaux devront communiquer dans l'autonomie et l'horizontalité. Nous proposons une internationale de l'espoir, de la lutte, de la solidarité et de la coopération. Jamais tant qu'aujourd'hui il a été difficile de se libérer, et c'est pourquoi la lutte internationale est urgente. Mais la base du changement sera la lutte dans chaque pays, au sein de sa propre expérience et de sa propre culture. La démocratie que nous voulons. Partons d'une question clé : la démocratie de la société actuelle est-elle viable ? pouvons-nous nous appuyer sur elle pour construire la nouvelle société, ou devons-nous chercher de nouvelles voies ? Tout d'abord, cette Rencontre est un grand succès, parce que des personnes de trajectoires et de positions différentes se sont réunies pour discuter ensemble ; cette réunion de la diversité a été le premier exemple de l'exercice démocratique. Les zapatistes considèrent la démocratie directe comme la forme de vie. Voilà la culture politique qu'ils nous proposent. Ils rejettent la conquête du pouvoir et proposent une société coopérative et solidaire, faite de démocratie, de justice et de liberté. L'EZLN propose de construire une force qui organise les exigences et les propositions des citoyens pour que celui qui commande, commande en obéissant. Dans cette proposition, les citoyens gouvernent et ceux à qui on a confié le pouvoir obéissent. Mais là apparaissent d'autres questions importantes : comment reprendre la démocratie directe des zapatistes sous d'autres latitudes, dans des structures plus grandes que les communautés indiennes ? Comment garantir que dans les grandes villes, celui qui commande obéisse ? Comment mener la démocratie directe des communautés à la dimension d'un État national ? Il n'y a pas de réponse unique ou définitive. Ce qui est sûr, c'est que la démocratie que nous voulons se construit par en bas : nous voulons un pouvoir de la base, depuis la base, et non conquérir le pouvoir par en haut. La démocratie que nous voulons est opposée à toute forme de pouvoir vertical, en commençant par le patriarcat : sans l'élimination de celui-ci, la moitié du monde continuera de vivre sans démocratie. Pour construire la démocratie, il faut comprendre les limites de celle que nous connaissons, mais aussi préserver les conquêtes acquises par les générations ayant lutté avant nous. La démocratie existante est insuffisante, mais non inutile. Il faut approfondir la démocratie, mais les moyens pour y parvenir ne sont pas totalement clairs. Un des grands problèmes des mouvements a été l'institutionnalisation de la révolution ; comment garantir que les révolutions ne s'autodétruisent pas, ou ne soient détruites du dehors ? Comment garantir la permanence des idéologies au moment du triomphe et dans l'exercice du pouvoir ? Bien sûr, dans la démocratie que nous voulons, il faut préserver le pluralisme, la diversité, la tolérance, la liberté d'expression et la préférence sexuelle ; il faut que le pouvoir se conçoive comme au service de la communauté et que prédominent l'autogestion, la décentralisation, l'autonomie et la révocation ; il faut chercher toute forme d'organiprincipe, le zapatisme ne se considère pas lui-même comme une idéologie fermée et voulant l'êtrep C'est l'une de ses grandes vertus. Il offre ses parois poreuses pour être imprégné des autres pensées. Il naît d'une culture liée à une forme de vie, et non d'une culture pré-établie ; politiquement, le zapatisme est un style d'action. Les idéologies ont tendance à se fermer et à se transformer en camisoles de force, alors que le zapatisme rompt avec les idéologies du passé. Son objectif de ne pas lutter pour lroits collectifs des communautés et des peuples. Dans notre démocratie, nous devrons promouvoir une ample participation sociale à la construction du processus de la vie de la société. En ce sens, le zapatisme nous offre un horizon avec l'utopie de commander en obéissant et d'autres formes d'autogestion et d'auto-organisation du pouvoir social. Ce n'est que par une démocratie comme celle-ci que l'on pourra définir une alternative pour tous les exclus du monde et pour un monde où la diversité ait sa place. Un monde où beaucoup de mondes aient leur place. |
